mardi, 10 février 2009

Affaire El Hamdani : suites

Monsieur le Maire,

Les mots prononcés et répétés par le conseiller municipal El Hamdani de votre majorité municipale : « il faut importer le conflit » ne sont pas anodins, leur gravité est réelle.
Il n’est donc pas possible que vous vous en tiriez par une pirouette en n’apportant aucune réponse à notre demande de retrait de ses propos.
Quelqu’un qui demande que l’on importe « le conflit » en France ne peut plus continuer à siéger dans une assemblée républicaine. Les mots ont un sens et ils ont été prononcés en connaissance de cause. Jouer à postériori avec les sens des mots et une mystification de bas étage.
Savez vous que des citoyens strasbourgeois ont considéré ces propos comme des appels à la violence physique et qu’ils ont peur ? Le savez-vous ?

Or vous ne nous avez à ce jour apporté aucune réponse quant à votre volonté de rappeler ce conseiller à l’ordre en lui expliquant les règles de la République

Pire, dans un écho des DNA du 6 février, vous vous faisiez son avocat en expliquant, sans argument aucun, qu’il n’aurait pas pensé ce qu’il a dit, ou qui aurait voulu dire autre chose.

Nous maintenons notre demande que M. El Hamdani retire ses propos ou quitte ses fonctions d’élu de la république.

Il ne peut y avoir dans notre conseil municipal deux poids, deux mesures et chacun se souviendra que Mme Dreikaus, utilisant une ancienne expression alsacienne malencontreusement employée, a été sommée de s’excuser publiquement.
Nous ne rappellerons pas la rocambolesque affaire de la bande sonore sous la mandature précédente et le cirque que votre groupe en avait fait jusqu’à aller en justice…
Les élus PS-Vert pourraient-ils tout se permettre en toute impunité alors que le moindre propos d’un autre élu se voit immédiatement stigmatisé, dénoncé et monté en mayonnaise.

Notre demande n’est pas politicienne, elle est républicaine, elle est citoyenne !
Nous n’avons d’ailleurs pas apprécié que vous traitiez, ces derniers temps, toutes nos interventions de « politiciennes » Dès que nous vous présentons un argument, vous le traitez de politicien. Cela est très méprisant.
Nous vous demandons de témoigner un minimum de respect à votre opposition, comme vous en aviez manifesté l’intention lors de vos prises de fonction.

A votre silence complice face à la volonté d’importer le conflit de M. El Hamdani, ( DNA de ce vendredi 6 février) vous avez ajouté à notre endroit « des conseils » condescendants sur le ton du professeur paternaliste attribuant des remarques à ses élèves.

Monsieur le Maire, nous vous croyons capable de fermeté lorsque l’esprit de la République est mis à mal comme il le fut par les propos de M. El Hamdani. Nous croyons que vous avez la force de caractère nécessaire pour condamner les propos de M. El Hamdani et exiger son retour à résipiscence, même s’il fait partie de vos alliés les VERTS.

Nous vous le demandons aussi pour le maintien d’un climat serein et constructif au sein de notre assemblée ainsi que nous en avons donné l’exemple en travaillant à l’amélioration de votre motion et en la faisant adopter.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes salutations les meilleures.

Robert Grossmann

lundi, 09 février 2009

La véritable histoire de la motion « Ries » du 2/02/09

paix.gifAlors qu’un cessez le feu, fragile certes était enfin intervenu, à Gaza, le Maire de Strasbourg a tenu à proposer une motion à son conseil municipal pour évoquer le conflit. Il était bien tard.

Un premier texte est donc proposé le lundi 26 janvier, en commission permanente pour le faire adopter par le conseil municipal le 2 février.

Robert Grossmann le relis attentivement et envoie au maire le mardi 27 janvier une lettre assez incisive. Ce texte est mauvais.

Il est persuadé que la rédaction n’est pas de la main du Maire contrairement à ce que celui ci affirme.

Son but est de contraindre les rédacteurs à améliorer le texte qui est mauvais tant du point de vue de la syntaxe et de la sémantique que du sens même du texte. La phrase : « le conseil municipal est déterminé à initier et à favoriser toutes les démarches » qui iront dans ce sens (sous entendu ce que feront les USA et l’UE….), dit assez la prétention de cette déclaration que l’on pourrait résumer caricaturalement par « Barak et Roland » feront la paix au proche orient !

M. Herrmann téléphone à RG le vendredi 30 janvier pour estimer que sa lettre signifie une fin de non recevoir de la motion Ries et que par conséquent le Maire présentera le 2 janvier son texte initial.

Dimanche 1 février, la lettre « incisive » de RG se trouve commentée dans la presse. Il ne l’avait pas communiquée, n’en ayant pas fait une lettre ouverte. Quelqu’un l’a « balancée ». A qui peut profiter le crime ?

C’était dans son esprit un document certes vif mais destiné à servir de base à un travail pour une refonte du mauvais texte présenté par le Maire.

Lundi matin 2 février, le Maire propose un nouveau texte largement inspiré par les remarques de RG.

Beaucoup d’expressions qu’il avait dénoncées ont changé. C’était en quelque sorte du pillage de texte puisque l’auteur, RG, n’a jamais été associé à ces changements et corrections.

Mais, face à l’annonce de Herrmann, « le Maire présentera son propre texte » RG avait travaillé de son côté et présenté, lundi matin, une motion alternative.

Le Maire refuse le texte de RG mais il le garde tout en maintenant le sien. Il demande en demandant toutefois que l’on tente de trouver un équilibre entre les deux textes afin de voter l’après midi une motion à l’unanimité.

Lundi après midi 2 février, le Maire présente une troisième version de « sa » motion, inspirée une nouvelle fois par le texte RG sans en mentionner les sources.

En pleine séance du conseil municipal, un groupe de travail se réunit à la demande du Maire et réfléchit aux deux motions, la troisième version du Maire, grossmanisée est celle de RG pur jus.

On aboutit à un compromis voté à l’unanimité pour donner de Strasbourg une image consensuelle.

Quelles étaient les différences d’approche des deux textes, celui du Maire et celui de RG ?

En dehors d’une mauvaise utilisation des mots, d’une rédaction faible, celui du Maire avait un but : hisser le Maire au niveau d’une grande puissance internationale. Il en a fait l’aveu en annonçant que son texte était soumis à Madame Leila Chabit et qu’il voulait le présenter au Secrétaire d’Etat à l’Europe, M. Lemaire, à M. Mahmoud Abbas puis sans nul doute demain à Barak Obama peut-être même à Nicolas Sarkozy. Nous ne raconterons plus ici de fable de La Fontaine avec une grenouille….

Le texte de RG était destiné principalement aux Strasbourgeois et demandait clairement que cesse les différents climats de violence exprimés ces derniers jours.

Deux textes, deux conceptions de la mission d’un Maire.