mardi, 13 janvier 2009

Que les grands élus fassent entendre leur voix...

Que les grands élus fassent entendre leur voix, le silence et l’indifférence sont aujourd’hui coupables !

robert grossmann.jpgLe drame du Moyen Orient ne peut laisser indifférent personne et l’exigence d’un cessez le feu, afin que toutes les armes se taisent, d’un coté comme de l’autre, devrait préoccuper chaque citoyen français.

De même devrait-il y avoir une véritable exigence, exprimée fortement, pour que le conflit entre Israël et le Hamas ne soit pas importé en France.

Nous sommes en République et chaque citoyen doit être respecté en tant que tel et non pas considéré ni traité comme appartenant à une communauté.

A Strasbourg depuis quelques jours des événements difficilement supportables se sont déroulés et d’autres sont annoncés.

Certaines manifestations extrémistes, les drapeaux marqués de croix gammées et brûlés, les cocktails molotov lancés contre des lieux de culte, les inscriptions et tags à caractère raciste, les appels à la haine, les violences liées à des manifestations avec destructions de vitrines de magasins, tout cela crée un climat de tension insupportable et inadmissible dans notre ville, capitale des droits de l’Homme.

En même temps, il est urgent de redire qu’aucun amalgame ne doit être fait entre des extrémistes ou des casseurs et l’ensemble de toute une catégorie de notre population.

Autant les manifestations dignes, exprimant des sentiments humains compréhensibles, sont normales et respectables, autant tout excès et toute violence doivent être sévèrement bannis et interdits.

Face à ce climat, face à ce qu’éprouvent tous nos concitoyens, je tiens à exprimer ma surprise, confinant à la stupéfaction, devant le silence de tous nos grands élus.

Certes il y a eu un appel de Strasbourg « autour » du maire de Strasbourg. Mais la voix des élus eux même manque cruellement. Le silence et l’indifférence sont aujourd’hui coupables. La population attend que des positions républicaines fortes soient exprimées.

C’est pourquoi j’en appelle au maire de Strasbourg, à tous les parlementaires, à tous les présidents de grandes collectivités, pour que, face aux violentes tensions qui s’expriment quasi quotidiennement, l’esprit républicain soit réaffirmé fortement et soit traduit dans les faits de notre vie quotidienne.

Robert Grossmann
Ancien président de la CUS
Président du groupe des démocrates du conseil municipal de Strasbourg

lundi, 05 janvier 2009

Bonne année, Bonne santé !!!

IMG_0515.jpgIl est des formules consacrées qui fleurissent tous les ans sur les cartes et les calendriers. On vous souhaite tout ce que vous vous souhaitez avec ce mot de la fin « et surtout la santé ».

Ces vœux sont pieux, mais à les regarder de près, on se rend compte que ces vœux nient notre propre part dans notre propre destin. Ils sous-entendent que nous sommes devant un avenir inéluctable et que nos amis et connaissances, avec leurs bonnes pensées, cherchent à infléchir un sort malheureux qui nous attendrait. Nous allons donc dire les choses autrement « Vous avez une nouvelle année devant vous, comme une page blanche ; faites en ce qu’il y a de mieux pour vous ». Nous sommes tous responsables des grands axes de notre destinée. Il y a des moments, en effet, où nous avons le choix, le choix de dire « oui » ou « non » dans tous les domaines. Nous pouvons dire « oui » ou « non » à cette personne qui nous demande de partager notre vie. Nous pouvons dire « oui » ou « non » à la cigarette ou au « bienenstich ». Nous pouvons dire « oui » ou « non » dans les urnes. Ce sont des choix qui nous appartiennent et qui influent notre vie pour de longues années. Notre vœu, pour vous, sera de faire les bons choix, dans toutes les circonstances de votre vie, afin que cette année et les autres qui suivent, vous remplissent de satisfaction.

Vous avez devant vous les calendriers des pompiers, des parents d’élèves, de votre banque, des infirmières, que des pages blanches qui n’attendent que vos annotations, vos rendez-vous chez le pédicure, chez le kiné, chez le médecin, vos rendez-vous pour la belote, le Kaffekraenzel, la galette des rois et j’en passe. N’oubliez pas vos échéances électorales ou les réunions où se discute l’avenir de votre quartier, de votre ville ou de votre pays. N’omettez pas les jours et les heures où votre voix compte. « Ich hab mitgemacht, ich hab’s guet gemacht, drum worr’i au nit ussgelacht. » Le Groupe des Démocrates pour le Progrès vous souhaite de bien œuvrer pour votre bonheur et souhaite vous voir dans les soirées de son Club de réflexion ou dans ses réunions publiques.

Bonne année à tous et surtout l’esprit citoyen !

lundi, 24 novembre 2008

Anne SCHUMANN : Orientations Budgétaires

SCHUMANN 8869 ci.jpgIntervention de Madame Anne SCHUMANN
Conseil de CUS du 21 novembre 2008
Point 1 – Orientations Budgétaires


Monsieur le Président,
Chers collègues,

Les orientations budgétaires d’une collectivité territoriale de l’envergure la CUS doivent traduire la prise en compte effective d’objectifs d’intérêts communs. Elles sont donc un instrument technique au service d’une vision politique de gestion de notre collectivité.
Au-delà de l’alignement des chiffres auquel nous venons d’assister, vos premières orientations budgétaires, puis l’examen du budget le mois prochain, inscrivent dans les faits la collectivité que vous envisagez demain.

Nous sommes donc appelés à nous prononcer sur la politique fiscale, sur la politique d’investissement ainsi que sur la politique de dépenses de fonctionnement exposées à travers deux scénaris.
Cette multiplication des chiffres est malheureusement vide de sens puisque nous ne sommes toujours pas en mesure de connaitre vos intentions pour les 5 années à venir.
Quels seront vos projets ? Quelle est votre vision de ce que doit être la Communauté Urbaine de Strasbourg pour les 6 prochaines années.
Lors du précédent conseil, Robert GROSSMANN évoquait les réflexions menées actuellement par le comité Balladur autour des Départements et des Régions. Les Communautés Urbaines sont malheureusement absentes de ce débat et votre attitude laisse à penser que votre priorité s’oriente en réalité vers une autre collectivité dont le siège jouxte l’actuel Parc des expos.

Pour cacher votre absence de vision, vous menez une campagne électorale permanente en vous cachant continuellement derrière je cite « le lourd héritage du passé ». Quand ce n’est pas la gestion de vos prédécesseurs qui est mise en cause, c’est celle du Département, de la Région et l’Etat, qui sont forcément responsables de la faiblesse des investissements envisagés.

On martèle en continue que la Communauté Urbaine est gravement endettée, que cet endettement s’est sévèrement aggravé ces dernières années, la faute à des investissements trop importants.
En consultant le document intitulé « statistiques financières 2008 » nous découvrons que notre collectivité, gravement endettée à vous entendre, est la septième Communauté Urbaine de France la moins endettée avec 324 euros par habitant, 2 fois moins que l’endettement moyen des CU de France qui est de 750,82 euros par habitant. A titre d’exemple, l’endettement du Grand Lyon est 3 fois plus important avec 1 000 euros par habitant, la dette de la CU de Nantes est 4 fois plus importante avec 1389 euros/habitant, Lille Métropole de Martine Aubry, la préférée de Roland Ries, est 5 fois plus endettées que la CUS avec 1500 euros par habitant.
En termes d’endettement, une certaine honnêteté intellectuelle serait de reconnaitre que la situation financière de la CUS n’est pas si catastrophique que ce qu’on veut bien nous dire.

Ce même document nous apprend aussi que la dette qui repose sur les strasbourgeois est de 782 euros, faisant de la Ville de Strasbourg et de la CUS la 3ème collectivité de France la moins endettée loin, très loin devant Lyon, Lille, Nantes ou Marseille.

L’audit que vous avez commandé auprès d’ERNST et YOUNG relève quant à lui que, je cite, « les soldes intermédiaires de gestion sont restés performants notamment la capacité de désendettement ». En effet, au 31 décembre 2007 nous étions à 1,6 année soit trois fois moins que la moyenne nationale qui est de 4,7.

Voilà donc Strasbourg et sa CUS, troisième groupement de France le moins endetté avec une capacité de désendettement plus qu’honorable malgré les nombreux investissements menés par vos prédécesseurs. Ces investissements étaient pourtant nécessaires. Le tram, naturellement, le Zénith, qui accueille régulièrement des milliers de spectateurs,
- la Gare TGV que les milieux économiques tout comme le président de l’office de tourisme reconnaissent comme bénéfique à Strasbourg et sa CU
- La grande Bibliothèque André Malraux qui ne désemplie pas depuis son ouverture,
- la patinoire qui connait régulièrement des files d’attente interminables,
- les nombreuses bibliothèques communautaires dont, si je ne me trompe pas, Illkirch et Lingolsheim ont aussi bénéficié, tant pis peut-être pour schitigheim si vous stoppez le projet
- l’extension de la vidéosurveillance,
- les archives communautaires, dont le taux de fréquentation est en hausse de 40 % depuis leur déménagement
- le Rhénus sport qui a vu la SIG devenir championne de France, qui a accueilli la coupe Davis ou l’euro tournoi et dans lequel l’équipe de France de Basket vient régulièrement s’y préparer parce qu’elle s’y sent bien. Son taux de fréquentation serait de 70 % encore d’après Ernst et Young
- les nombreuses opérations de voiries menées sur l’ensemble du territoire de la CUS et qui représentent près d’un tiers de nos investissements sur 7 années. Au hasard, la route de Bischwiller à Schiltigheim ou la route de Lyon d’Illkirch étaient-elles un projet pharaonique ?

Ernst et Youg, encore lui, note qu’en 2001 la CUS n’investissait pas puisque nous étions à 296 euros d’investissement par habitant, soit 37% de moins que la moyenne nationale… mais conclut que l’augmentation sensible a permis à la CUS de se rapprocher de la moyenne. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les études que vous nous avez transmises.

Troisième groupement le moins endetté de France et dans la moyenne nationale pour les investissements voilà qui fait de la CUS, une maison bien gérée !

Vous allez certainement nous reprocher, comme vos collègues strasbourgeois l’ont déjà fait lundi, d’avoir travaillé jusqu’au bout de notre mandat au lieu de nous consacrer aux basses besognes politiques.
Vous allez évoquer les nombreux « coups-partis », comme nous avons pu l’entendre. Ils limiteraient vos marges de manœuvre. Le cabinet Ernst et Young vient tordre le coup à ce plaidoyer puisqu’il indique l’existence d’une marge de 372 millions d’euros sur le seul échantillon retenu dans les Autorisations de Programme, soit 64 % du montant des restes à réaliser. Des marges importantes existent donc.

Enfin en ce qui concerne la dette, il a été dit pendant quelque temps que la crise financière couterait 250 000 euros puis cette somme a été revue à la baisse aux alentours de 100 000 euros (soit moins le cout total de cet audit pour la CUS et la Ville de Strasbourg).
Face au nombreux propos alarmistes que nous avons pu entendre, je tenais à rappeler que le partage entre taux fixes et taux variables de nos emprunts a démontré que la partie taux fixe négociée à 3.8 % était une bonne affaire pour la CUS puisque avec une inflation ces dernières années de 3 %, on ne payait que 0.8 % d’intérêt. Avec une inflation revue depuis quelque temps à 2 %, nous payerons donc 1.8 % ce qui est toujours plus que raisonnable. A noter pour les taux variables que la BCE devrait prochainement baisser son taux directeur qui pourrait descendre sous la barre des 2 % contre 3.25 % actuellement. Cette décision aura inévitablement des conséquences bénéfiques. Je m’interroge d’ailleurs sur l’opportunité de renégocier nos emprunts avec DEXIA à un taux supérieur par rapport à ce que le marché propose encore aujourd’hui à taux variables. Est-ce vraiment judicieux ?
La crise financière aura indéniablement un impact pour notre collectivité car nous ne sommes pas protégés par une bulle ou je ne sais quelle barrière invisible. J’ai toutefois l’impression que vous noircissez volontairement le tableau afin de pouvoir revendiquer demain de bons résultats grâce à votre remarquable gestion ».

Les orientations budgétaires nous proposent une stabilisation des dépenses de personnel de 3 % par an. Cela va dans le bon sens même si en volume, cela représente une croissance de l’ordre de 65.16 millions d’euros.
Pour répondre aux uns et aux autres qui ne manqueront pas de s’en prendre encore au fonctionnement de la médiathèque André Malraux je confirme que sur les sept dernières années nous avons effectivement créé 500 emplois. Il y a quelque temps, il nous était reproché de « purger l’administration et de ne pas donner des moyens supplémentaires aux services ». A présent, pour des questions de politiques politiciennes, on nous reproche d’avoir embauché en omettant de préciser d’ailleurs que près de 30 postes ont été remboursés intégralement par le Conseil Général, que l’effet des 35 heures en 2000 aurait dû être compensé par une augmentation de 6 % des effectifs soit 490 postes, que l’essentiel de ces postes créé sont dans le domaine du service aux habitants : bibliothèques, prévention, social et sécurité. J’en arrive presque à croire que les chantres de la défense du service public regrettent aujourd’hui ces créations… sauf bien sûr les 8 postes de secrétaires supplémentaires indispensables aux adjoints strasbourgeois.

Voilà ce que je tenais à dire sur l’héritage qui vous empêcherez d’agir. Parlons maintenant du futur puisque les marges existent. Quels sont vos projets pour la CUS ? Notre collectivité participera-t-elle à la réalisation d’un nouveau stade pour le Racing ? Hormis celle devant desservir le Zénith, de nouvelles extensions des lignes tramway verront-elles le jour ? Songez-vous toujours à encourager l’implantation de compagnies low cost pour redynamiser l’aéroport d’Entzheim ? Pour l’instant, nous ne connaissons rien de vos intentions si ce n’est celle de ne pas augmenter les taux d’imposition et à notre avis, vous pourrez même les baisser puisqu’il n’y a rien à financer.

Alors permettez-moi de vous faire quelques suggestions puisque vous semblez avoir besoin d’idées pour l’avenir.
Je vous encourage à poursuivre les extensions du Tramway. Vous nous avez entendu pour le prolongement de ligne A vers Eckbolsheim mais quid de Koenigshoffen ? Même si cela conduit à l’augmentation de la contribution consacrée au financement de la CTS, ces extensions sont le meilleur moyen de réduire les émissions de Carbonne de la part transport. Elles nous permettront de rentrer dans les clous du Grenelle de l’Environnement. A ce titre, pour encourager les déplacements en transport public, vous n’auriez jamais dû augmenter les tarifs CTS le premier septembre dernier. Cette mesure est contreproductive et je le regrette vivement.

Je vous encourage
à étudier sérieusement la construction d’un nouveau centre nautique qui s’avère de plus en plus nécessaire. Un PPP me semble être une bonne solution pour un tel projet
à construire le nouveau parc des expositions sur le site d’Eckbolsheim comme cela était prévu mais que vous avez pour l’instant préféré stopper. Un parking de 3 000 places existe déjà, prêt à accueillir les visiteurs du parc. Je note que le prolongement de la ligne tramway va dans le bon sens peut-être serons-nous aussi entendus pour le Parc des expos
à dépolluer dans son intégralité le terrain de l’ancienne cokerie gazière de Strasbourg pour ne pas laisser aux générations futures la responsabilité de dépolluer et permettre ainsi la construction de l’Eco-Quartier.
à poursuivre le développement des nouvelles pistes cyclables sur le territoire de la CUS ?

En dehors des projets, il y a aussi une véritable politique économique à poursuivre pour encourager davantage les entreprises à s’implanter sur le territoire de la CUS sans oublier de prolonger les efforts déjà engagés dans la prévention, le social et la sécurité.

A Strasbourg, pour dégager une nouvelle manne financière certains évoquent l’idée de construire un casino. Pourquoi pas, mais quelle est votre position ? Cela mérite d’être débattu. Idem pour ce vieux serpent de mer que constitue le péage Urbain cher au Maire de Strasbourg.

Les chantiers à mener ne manquent pas mais encore faudrait-il avoir une vision globale ainsi qu’une véritable ambition pour notre Communauté Urbaine.
Ce débat d’orientation budgétaire n’en dégage aucune. Il ne constitue qu’une accumulation d’indicateurs techniques que vous essayez de faire parler pour conditionner la population et les élus à un immobilisme patent dissimulé derrière le strapontin qu’est votre annonce de ne pas augmenter les impôts et de prolonger le tramway de 3.1 km. Face à l’absence d’ambitions pour la CUS, les contribuables auraient mérité une baisse de la fiscalité
Le prochain débat budgétaire me fera peut-être mentir, du moins je l’espère.

samedi, 22 novembre 2008

Anne SCHUMANN :Extentions du tramway

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Intervention de Madame Anne SCHUMANN

Conseil de CUS du 21 novembre 2008

Point 28 : Délibération Tram




Monsieur le Président,

Vous présentez ce projet de délibération dans le cadre du premier appel à projet lancé par l’état. En fait, ce projet a déjà été adopté par notre conseil le 14 octobre 2005 portant sur l’extension des lignes B, C, D et création de la ligne E suite à la deuxième enquête publique dont le rapport comprenait cinq recommandations dont la réalisation de l’extension Hautepierre et le prolongement vers la Robertsau centre. Je me permets de vous rappeler que bien qu’il n’y ait pas de groupes politiques à la CUS, un certain nombre (17 contre 72) de conseillers minoritaires de l’époque (dont vous étiez, Monsieur le Président), avaient voté contre cette délibération.

Aujourd’hui nous estimons que la CUS a une forte marge de manœuvre et que vous pourriez être beaucoup plus ambitieux à l’instar des autres CUS de France qui ont déjà déposé des projets de l’ordre de 150 millions alors que celui que vous proposez aujourd’hui dépasse à peine les 40 millions.

C’est justement en période de crise qu’il faut investir et même si nous adhérons complètement à ce que nous avions déjà proposé nous-mêmes, nous nous étonnons de ne pas voir pris en compte la prolongation de la ligne D vers le CNRS ou l’Espace européen de l’entreprise (qui serait peu onéreuse et rentable) et la prolongation au cœur de la Robertsau qui rentabiliserait la ligne actuelle qui ne fait –selon une expression chère à Roland Ries – que « flirter » avec le quartier.

Permettez-moi aussi de m’étonner du retard que nous prenons dans ces projets par les hésitations du maire de Strasbourg. En effet, comme vous le mentionnez d’ailleurs, les concertations sont obligatoires et définies par l’article L300-2 du code de l’urbanisme. Le maire de Strasbourg a lancé une nouvelle concertation sur la partie tram du tram-train alors que les résultats de l’enquête publique ont été acceptés par notre conseil. Cela n’est pas du tout règlementaire, voire illégal, puisque notre conseil n’a jamais approuvé de délibération dans ce sens et que, de plus, elle ne portait que sur Strasbourg en ignorant les autres communes.

Il en va d’ailleurs de même pour la concertation sur le PRU d’Hautepierre….. Comment sont financées la publicité et la communication de ces concertations ? Quels en sont les bilans et où ont-ils été présentés ?? Ces concertations illégales ne risquent-elles pas de fragiliser les projets après s’il prenait l’envie subite à quiconque de déposer des recours contre ces projets ?

J’ai en mémoire les termes « d’amateurs » utilisés à l’époque par la minorité opposante pour justifier leurs multiples recours….. Permettez-moi aujourd’hui de vous renvoyer l’ascenseur et de vous conseiller de vérifier la solidité juridique de vos projets qui viennent, par deux exemples et ce n’est peut-être pas tout, d’être fragilisés par la municipalité de Strasbourg.

Nous ne suivrons donc pas le mauvais exemple donné par l’opposition pendant sept ans – nous voterons pour cette délibération dans l’intérêt collectif de la CUS mais nous vous demandons d’inscrire, dès le mois prochain, une nouvelle délibération reprenant au moins les projets de la ligne D qui ne nécessitent pas d’acquisitions de terrains puisque c’est la raison, d’après le maire de Strasbourg, qui s’oppose à leur présentation compte tenu de la date butoir de 2011.

jeudi, 20 novembre 2008

Anne SCHUMANN : Orientations Budgétaires

SCHUMANN 8869 ci.jpg

 

Intervention de Madame Anne Schumann

Conseil Municipal du 17 novembre 2008

Point 1 – Orientations Budgétaires


Monsieur le Maire,
Cher(e)s collègues,

En liminaire permettez-moi tout d’abord de regretter la pauvreté des documents que vous nous avez transmis. 6 pages et 3 tableaux pour des orientations budgétaires qui portent sur 6 années. Avouez que c’est un peu court d’autant plus que ce document n’est qu’une série de lamentations sur la situation dont vous auriez hérité (x fois référence à la dégradation) ce que contredit formellement l’annexe « étude comparative des grandes villes de France » qui aurait mérité d’être complétée par un classement de ces villes où l’on aurait vu que Strasbourg est de loin une ville dont la situation financière est plus que saine malgré la crise actuelle.

Depuis votre élection, Monsieur le Maire, les membres de votre majorité et vous-même n’avez cessé d’expliquer aux Strasbourgeois que, faute d’un budget 2008 qui n’était pas le vôtre, vous ne pouviez rien faire. Voici donc venu le temps, aujourd’hui, de débattre des premières orientations budgétaires de votre mandature avant le vote de votre budget le mois prochain.

Ce premier débat devrait constituer, à notre sens, la présentation de vos projets, de vos ambitions, de votre stratégie pour la Ville. Or, au jour d’aujourd’hui, vous nous demandez de nous prononcer sur la stratégie fiscale, sur des investissements, sur le fonctionnement de notre collectivité sans pour autant nous communiquer vos projets.
A travers les 6 pages qui nous ont été transmises nous assistons à une sorte de conditionnement psychologique des élus mais aussi de la population autour d’une pensée unique. Elle se résume à « ce que nous vous proposons est parfait et d’ailleurs on ne peut pas faire autrement car, comme vous le constatez, au vu de la projection pluriannuelle que nous vous soumettons nous n’avons pas d’autres possibilités compte tenu des contraintes extérieures qui s’imposent à nous. »
Le conditionnement est soigneusement organisé. On martèle en continue des excuses : l’héritage du passé (dire que votre équipe annonçait lors de sa prise de fonction ne pas vouloir se tourner vers le passé… ), les dotations de l’Etat, la fiscalité de la Région et du Département. Bref, nous sommes invités à comprendre que « ce n’est pas de notre faute mais celle des autres ».

Vous dénoncez le fort niveau d’investissement de ces dernières années qui auraient détérioré la situation financière de notre ville. Cette analyse comptable de la situation de la ville est regrettable. Ces investissements ou devrais-je plutôt dire la patinoire de Cronenbourg, la médiathèque Malraux, la réalisation du Rhénus Sport, les extensions du Tramway, le Zénith, les rénovations et mises en sécurité des écoles, des gymnases, des stades et tous les autres projets de quartiers ont profité à tous les Strasbourgeois. Oui, les investissements ont été forts mais ils étaient justifiés après 12 années d’immobilisme (mis à part le tram !) Ils ont aussi contribué à soutenir les entreprises et à stabiliser le marché de l’emploi malgré les retards dans les projets dus à vos multiples recours (il faudrait rendre public ce qu’a couté aux contribuables l’arrêt du Tram et du pont Churchill que plus personne ne remet en question aujourd’hui). De ce point de vue économique, nos objectifs ont également été atteints. Mieux encore, les statistiques 2008 révèlent que la Ville de Strasbourg est la 6ème ville de France la moins endettée avec 458 euros d’endettement par habitant loin devant Paris et ses 864 euros, Rennes et ses 783 euros, Lille et ses 649 euros, Lyon et ses 930 euros ou Nantes et ses 1178 euros par habitant presque 3 fois Strasbourg . Qu’est-ce que cela aurait donné si nous n’avions pas autant investi ?

Vous évoquez aussi les emprunts contractés dont l’évolution actuelle des taux couterait 250 000 euros à notre collectivité. Vous oubliez de préciser au passage, que ces taux flottants ont, ces dernières années, été positivement favorables en permettant à notre collectivité de voir le volume de ses emprunts diminuer ce que l’administration nous a confirmé en Commission Plénière. Est-il possible de connaitre la balance de ces gains et de cette perte ? Ces taux parlons-en. Après une augmentation importante suscitée par la crise financière, la Banque Centrale Européenne table sur une baisse de son taux directeur qui pourrait descendre sous les 2 %. Cette orientation impactera directement le taux de remboursement de nos emprunts. Nous sommes en l’espèce bien loin du pessimisme ou plutôt du conditionnement voulu par votre adjoint aux finances. De plus, et nous le verrons aussi en conseil de CUS, les emprunts que vous renégociez actuellement à taux fixes avec DEXIA le sont à un taux supérieur à ce que le marché propose encore aujourd’hui à taux variables.

Voilà pour le cadre. A présent, pour débattre des orientations budgétaires, il nous faudrait connaitre vos projets. Un bon marin parlerait plutôt de cap mais visiblement il a trop de capitaines qui annoncent des tas de choses tout azimut alors que pour l’instant nous ne voyons rien venir de concret.
Quid du palais des fêtes, de l’avenue de Vosges, des extensions tramway, du parc des expositions, des investissements en faveur des écoles et des gymnases ou de votre politique culturelle ?
Prévoir une ligne budgétaire de 76 millions d’euros d’investissements ou de 45 millions ne change pas grand-chose lorsque personne n’est en mesure de savoir à quoi correspondent ces investissements.
A en juger par ce que nous connaissons de votre programme pour les 6 prochaines années, je crois que la somme de 45 millions est encore trop importante. D’ailleurs, ce n’est même pas une stabilité de la fiscalité qu’il faudrait envisager mais bien une baisse car actuellement, votre politique se résume :
- à gommer et à critiquer les héritages du passé qui permettent pourtant des inaugurations multiples par vos adjoints se revendiquant des réalisations les qualifiant souvent de réussites (ce que vous appelez être sur le terrain et proche des gens)… ou alors à exiler de pauvres alsaciennes à Schweighouse parce qu’elles incarnaient le mauvais gout de notre équipe ?
- à une politique des coups d’arrêts des projets comme cela est le cas pour l’aménagement des terrains Starlettes ou la réalisation du parc des expositions à ce propos je vous invite à regarder la pauvreté des annonces légales ce qui fait d’ailleurs le désespoir des artisans et des entreprises de travaux publics et du bâtiment.
- à une politique des projets étriqués comme cette annonce de supprimer les feux rouges pour les 6 carrefours que comporte l’ellipse insulaire le long des lignes tramway,
- à une politique de l’effet d’annonce comme nous l’avons connu cet été avec l’annonce d’un fantastique spectacle sur les ponts couverts qui n’a finalement jamais vu le jour ou comme l’implantation d’une grande roue, parc de l’Etoile, qui ne se fera jamais. J’oubliais presque l’annonce de la construction d’un éco-quartier sur un terrain fortement contraint et toujours pollué. A ce sujet, Monsieur le Maire, notre groupe défend l’application du principe de précaution dans ce dossier. Si un éco quartier doit voir le jour sur ce cite, le terrain devra préalablement être dépollué. Peu importe le coût, la santé de ces futurs résidents ne doit pas avoir de prix !
Comparés à cette situation, les 150 000 euros de frais de communication autour des conseils de quartier ou les 45 000 euros pour diffuser un clip dans un grand cinéma Strasbourgeois paraissent bien dérisoire et pas forcément nécessaires.


Côté recettes, nous avons bien noté votre volonté de stabilité fiscale mais d’autres ressources sont possibles d’après votre équipe. Certains élus de votre majorité ont suggéré des extensions du stationnement payant voire une augmentation du tarif résidents ou l’instauration de péages Urbains. C’est une idée qui vous fut chère, Monsieur le Maire, est-elle encore d’actualité ?
L’un de vos adjoints très actif n’a pas manqué à plusieurs reprises de souhaiter l’installation d’un casino à Strasbourg. Y verriez vous aussi, Monsieur le Maire, l’occasion d’un jackpot pour les finances Strasbourgeoises ?

Ne connaissant pas vos projets pour l’avenir, nous ne sommes pas en mesure de juger efficacement les orientations qui nous sont présentées. Nous sommes naturellement favorables à la stabilité fiscale. Nous sommes aussi favorables à la poursuite des investissements dans notre ville seuls capables de soutenir le marché du BTP sévèrement touché par la crise. Nous sommes enfin favorables à la stabilité des dépenses de personnel qui vont tout de même augmenter ces 6 prochaines années de 42.09 millions d’euros.

Aujourd’hui entre vos propos alarmistes et un développement raisonnable nous savons qu’il y a de la marge mais vous comprendrez qu’il vous appartient de proposer ces choix fiscaux en fonction de vos projets et ce sera le débat du mois prochain puisqu’il n’y a aujourd’hui aucun vote.

mercredi, 24 septembre 2008

Le Parlement Européen à Strasbourg !

parlement europen.jpgMotion adoptée par le Conseil Municipal du 22 septembre 2008 sur proposition de notre groupe.

Eu égard aux fondements historiques de la construction européenne, au choix de Strasbourg comme symbole de paix et de réconciliation entre les peuples, le Conseil Municipal de Strasbourg demande instamment que les traités internationaux faisant de notre ville le siège officiel du Parlement Européen, soient respectés.

La présence du Parlement Européen revêt une importance forte pour l’emploi et le tissu économique de notre région et de notre Ville.

Le conseil municipal de Strasbourg demande que l’ensemble des travaux du Parlement Européen se déroulent à Strasbourg.
Cette solution sera de nature à garantir une plus grande visibilité de l’activité du parlement. Elle permettra également de mettre un terme aux navettes mensuelles entre Bruxelles et Strasbourg et aux frais qu’elles entrainent. Elle garantira enfin un fonctionnement de cette institution moins consommateur d’énergie et donc plus conforme au développement durable et aux efforts engagés par l’Union Européenne contre le réchauffement climatique.

Anne SCHUMANN : Le Parlement Européen

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Intervention de Madame Anne SCHUMANN

Conseil Municipal du 22 septembre 2008

Parlement Européen


Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Ce jour est symbolique. En effet, pour la seconde fois de son histoire, une session du parlement européen, qui aurait dû débuter ce matin à Strasbourg, se tient finalement à Bruxelles.
Nous en connaissons tous la cause : L’effondrement du plafond de l’hémicycle le 6 aout denier.

Cette difficulté matérielle a malheureusement relancé les déferlantes des anti-Strasbourg. Et pour charger encore un peu plus la barque, l’écologie a été appelée en renfort pour mettre hors jeu notre Ville.
Nous connaissons tous les fondements historiques de la construction européenne. Les choix passés ne sont pas anodins. Strasbourg a notamment été choisie pour symboliser la paix, la réconciliation et son humanisme historique. Les récents évènements en Géorgie, l’agitation qui secouent les anciens pays membres du bloc soviétique sont là pour nous rappeler que rien n’est jamais définitivement acquis, que la paix demande un engagement et une vigilance de tous les instants.

L’identité européenne s’est forgée dans un passé mouvementé dont Strasbourg a souvent été l’enjeu. Aujourd’hui notre ville est paisible et se trouve bien loin des discordes et de l’agitation qui animent, depuis quelques années maintenant, la Belgique et Bruxelles.

Par conséquent, nous demandons que les traités signés soient, plus que jamais, respectés. Nous demandons que le parlement européen siège à Strasbourg et rien qu’à Strasbourg afin de mettre un terme aux fameuses navettes qui semblent perturber un certain nombre de parlementaires européens. A cet égard, nous nous réjouissons, de la réaction des verts strasbourgeois qui se sont démarqués, certes tardivement, mais démarqués tout de même de la position des cadres de leur parti.

Monsieur le Maire, par delà les clivages politiques traditionnels, par delà les croyances philosophiques et religieuses de chacun j’aurais émis le vœu que notre conseil municipal élabore et entérine une motion qui demanderait que la totalité des travaux parlementaires se tiennent à l’avenir à Strasbourg. Puisque vous nous proposez une motion, que nous soutiendrons cela va de soi, je vous propose également de relayer ce texte au conseil de CUS et pourquoi pas dans l’ensemble des conseils municipaux qui composent notre communauté Urbaine afin de lui donner davantage de poids.

Je vous remercie

Robert Grossmann : Les Conseils de Quartier

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Intervention de Monsieur Robert GROSSMANN

Conseil Municipal du 22 septembre 2008

Les Conseils de Quartier

Monsieur le Maire,
Chers Collègues,

Si vous le voulez bien, on va commencer par le commencement de la démocratie locale, par sa première étape, son fondement et son lieu originel : le Conseil Municipal.
C’est bien lui qui doit adopter toutes les décisions concernant nos concitoyens après débat et donc c’est lui aussi qui doit adopter les modalités de la démocratie de proximité.
Le conseil est souverain, il pourrait donc rejeter ou au minimum modifier votre projet. Il peut aussi l’adopter après échange d’arguments.
Or vous avez déjà tout annoncé au public au mépris de l’avis du conseil.
Donc il faut bien que j’emploie ce mot fort et chargé de sens que je n’aurais pas voulu utiliser si votre démarche ne m’y avait contraint : mépris !
Vous méprisez votre conseil et ses élus.
Vous méprisez la démocratie municipale.
Autant j’aurais pu comprendre que vous communiquez sur des projets d’investissement ou de fonctionnement ordinaires de la vie municipale, autant vous pouvez être conduit à évoquer en amont des projets que vous allez soumettre au conseil, sans préjuger de son avis, autant ce projet là excluait toute annonce préalable puisque son objet devrait être justement le respect de la démocratie.

Vous voulez “rétablir” la démocratie locale et vous commencez par vous asseoir sur l’avis et le vote du conseil municipal.
Votre procédé me semble donc disqualifiant, vous êtes dans le “hors jeu démocratique”!
Au passage je veux affirmer haut et fort que les conseils de quartier de notre municipalité fonctionnaient de manière très positive, tous ses participants peuvent en attester. Un important travail a été réalisé tellement évident d’ailleurs que vous même avez tenu à rendre hommage à nos porte paroles en les invitant solennellement à dîner à l'hôtel de ville quelques jours après votre élection.
Vous n’auriez pas invité des fossoyeurs de la démocratie locale n’est ce pas?

En second lieu et dans la droite ligne de ce que je viens d’évoquer, vous donnez un signal terrible à la population : celui de la méfiance à l’égard des élus, quels que soit leur appartenance politique. Vous dites : “Ecartons les élus pour avoir un débat valable”. (DNA...) C’est donc la négation complète des élections et des électeurs fondée sur un mépris cinglant de la démocratie et ce au profit de la seule municipalité donc au profit “du pouvoir” qui se montre ainsi parfaitement autocratique.

Vous justifiez cela en proclamant que:
-"l'objectif principal est d'éviter que nos 10 COQ soient des lieux d'affrontement politique": quelle conception de la politique ! Elle serait donc perçue par votre municipalité uniquement sous l'angle de la conflictualité et non comme un processus d'échange d'idées. Monsieur le maire, je ne vous retrouve pas là!
Plus pratiquement, avec l'absence des élus, il y a une mise en scène artificielle d'une séparation stricte entre la société dite politique et la société dite civile. Si elle correspond à un idéal du XVIIIème, voire du XIXème avec, en corollaire, une stricte séparation de la sphère publique et de la sphère privée, elle n'a plus de sens dès lors que les structures "participatives" mises en place devraient avoir pour vocation de contribuer à l'élaboration des politiques publiques. Là on est dans une vision Luhmannienne des cercles autopoétiques et autoréferenciels, ce qui revient à reconnaître une véritable théorie de la non communication.

- Je poursuis l’analyse. Vous voulez, je vous cite: "donner la parole aux citoyens non organisés", c'est de fait ce à quoi servent les élections. Pour le restant, la société civile n'a de sens que si elle est organisée, d'ailleurs l'organisation mise en place en est bien une - les citoyens ne seront donc plus inorganisés, le simple fait d'y participer (faudra-t-il autodissoudre de suite pour respecter ces objectifs ?).
Contradiction intellectuelle totale fondée sur la seule démagogie.
Mais à l’exclusion de ce fort mépris des fondements même de la démocratie on pourrait à la limite accepter, en s’asseyant sur une rigueur intellectuelle minimale, vos contradictions dans la recherche et l'expérimentation de nouvelles formes de participation politique si au-delà il n'y avait pas la mise en oeuvre d'une usine à gaz coûteuse pour le contribuable.

- l'intervention d'un l'animateur extérieur : faut-il y voir une application renouvelée de la société du spectacle chère à Debord ? C'est quoi cet animateur : un sociologue ? un journaliste ? un consultant (rémunéré, donc au service de la municipalité ?). Quel sera sont statut ?
Venons en à la composition : un collège associatif et un collège socioprofessionnel. Que signifie la scission entre les deux. Les associations ressortent au monde socioprofessionnel et n'en sont pas exclues. Qu'est-ce qu'un socioprofessionnel à l'échelle d'un quartier ? Un commerçant individuel ? une entreprise ? une profession libérale ? la vie socioprofessionnelle suppose une organisation, une structuration...

- l'adjoint de quartier choisit les "incontournables" qui doivent rentrer dans un quota. Merci pour les autres.... Là aussi quelle vision de la vie des quartiers.

- 30.000 € par COQ, pour faire quoi ? 300.000 au total € ? sans doute de nombreuses associations membres de ces COQ préféreraient elles disposer de telles subventions.
Avec votre système, il y aura en permanence une interrogation sur les questions de légitimité. D'ailleurs le recours au tirage au sort ne fera que renforcer ces questions. Il n'est pas nécessaire de rappeler que le tirage au sort était une caractéristique de la démocratie athénienne. Mais on tirait au sort les élus... alors allons au bout de la logique, fini les élections, mettons en place un tirage au sort des élus municipaux..

La conception même d'un fonctionnement aussi complexe n’est pas démocratique dans sa signification même parce la plupart des gens n'en comprendront pas les ressorts.
Antidémocratique ou démagogique encore parce que la forme prime le fond. Les procédures de désignation sont longuement envisagées, mais les compétences effectives sont peu précisées.

D'une manière générale, le sujet est complexe, nous le savons bien.
Mais au lieu d'animer simplement, correctement et de manière équilibré les citoyens, organisés ou non, qui font l'effort de s'intéresser à la vie publique - il n'y en a pas tant que cela- , on témoigne ici d'une vision archaïque de ce qu'est le politique, d'une approche inaboutie de la citoyenneté et de l'intérêt public et d'une conception plus que floue de la société civile.

Monsieur le Maire je finirai par vous renouveler ma confidence: j’ai peine à trouver votre empreinte dans ce projet. Ce n’est pas vous ce mépris des élus et donc des élections. Je ne veux pas le croire connaissant votre attachement au suffrage universel. N’hésitez pas à revoir cette copie et pourquoi pas même en y associant votre minorité au sein d’un groupe de travail transparent.

Enfin pour finir, et puisqu'on est dans les archaïsmes, une citation de Périclès rapportée par Thucydide : « Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile".

Anne SCHUMANN : Les conseils de Quartier

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Intervention de Madame Anne SCHUMANN

Conseil Municipal du 22 septembre 2008

Point 4 – Conseils de Quartier



Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Aujourd’hui, vous nous présentez votre « nouvelle organisation démocratique » à travers cette délibération sur les futurs conseils de quartier.

Nous pourrions qualifier votre projet de, je cite, « bâclé, d’inabouti, qui s’est construit par le haut ».

Nous pourrions nous indigner de ne pas avoir été consultés pour l’élaboration de la charte de fonctionnement, car après tout, lorsqu’on parle d’une « organisation démocratique », le terme « démocratique » entend que l’on prend l’avis de tous, y compris celui de son opposition qui a, malgré tout, une expérience en la matière.

Nous pourrions qualifier votre décision, fixée par la charte, d’interdire aux élus de participer à ces conseils de , je cite, « discrimination entre élus et de volonté manifeste d’empêcher l’opposition municipale de travailler au plus près des projets et des préoccupations des habitants de cette ville »

Nous pourrions condamner l’absence d’éléments précisant, je cite, « les moyens de communication, de publicité et d’information en direction du public» mis à la disposition des COQ.

Nous pourrions nous interroger sur le fait que, je cite, « les moyens financiers et humains ne sont qu’évoqués et non précisés ». et « qu’aucune date, aucune ligne budgétaire ne sont mentionnées »

Vous l’aurez compris nous pourrions reprendre à notre compte les interventions passées d’un certain nombre de vos adjoints ou vice-présidents. Pour notre part nous préférons attendre de voir le fonctionnement réel de vos conseils de quartier avant de nous lancer dans une critique à la Prévert comme nous l’avons vécu par le passé.

Cette position ne constitue pas pour autant un blanc seing ou une caution de votre politique car de nombreuses dispositions de votre charte nous interpellent ou nous paraissent inquiétantes. D’ailleurs nous sommes bien revenus au bon temps des comités de quartiers (les termes ont leur importance), qui ont un arrière gout de comités du peuple, gérés par un soviet suprême…

Tout d’abord le découpage géographique des COQ nous laisse perplexe dans la mesure où nous revenons à un découpage, déjà expérimenté par le passé, celui des cantons. Découpage qui correspond d‘ailleurs à la nouvelle délimitation géographique des directions de proximité. Cela signifie que sur 10 COQ, 4 travailleront en étroite collaboration avec l’adjoint de quartier du secteur mais aussi conseiller général à savoir les cantons de la Gare, d’Hautepierre-Cronenbourg, du Neudorf et du centre-ville, 1 sera administré par le bras droit du conseiller général en place, celui de l’Elsau-Koenigshoffen-Montagne Verte et 1 par l’adjointe mais surtout la suppléante du conseiller général du canton Bourse-Esplanade-Krutenau. Avouez que cela peut paraitre inquiétant de voir un tel découpage que l’on pourrait aussi qualifier d’électoral. Avouez que l’idée de voir une administration adaptée à un découpage électoral (et nous en reparlerons tout à l’heure) puisse susciter des interrogations autant parmi les fonctionnaires que les habitants. Vous l’aurez compris, un découpage correspondant à de véritables bassins de vie, un découpage cohérent avec l’activité d’un quartier avait et a toujours notre préférence. D’ailleurs pourquoi avoir intitulé ces instances Conseil de Quartiers ? L’appellation Conseils Cantonaux aurait davantage reflété la réalité. Nous serons donc par conséquent extrêmement vigilants sur les relations qu’entretiendront les conseillers généraux, leurs suppléants ou leurs proches collaborateurs avec les conseils de quartier mais aussi avec les directions de proximité afin que ces instances ne deviennent pas des « machines de guerre électorales ».

La composition des COQ suscite elle aussi des interrogations. Le collège des habitants est issu d’un tirage au sort. Vous nous parlez de démocratie mais dans toutes démocraties dignes de ce nom, l’élection des représentants est la règle. Par le passé, Napoléon Bonaparte avait eu recours au tirage au sort pour composer ses armées. Sauf erreur de notre part, il s’agit de la même méthode dont vous usez pour composer votre « machine de guerre électorale ». Finalement, c’est vous qui appliquez des méthodes bonapartistes !
Quant au collège des associations, pour lequel le tirage au sort est encore de mise, vous avez ajouté une petite subtilité qui précise que la moitié de ce collège est désignée d’office car représentant les associations les plus actives. C’est donc vous, monsieur le Maire, ou votre premier adjoint, qui allez désigner qui mérite ou pas de faire parti des COQ. Sur quels critères ferez-vous votre choix ? Au nombre de ces membres ? A la capacité de l’association d’agiter la place publique ? Finalement ces désignations vont constituer une sorte de classement du monde associatif. Il y a ceux qui en seront, donc certainement dans les petits papiers de la majorité, et les autres qui n’en valent peut-être pas la peine.

Toujours en rapport avec la composition, l’interdiction qui est faite aux élus municipaux mais aussi régionaux, cantonaux ou parlementaires, d’assister aux conseils cantonaux, pardon de quartier, ne nous semble pas correspondre à ce que vous appelez « organisation démocratique » En effet, dans une démocratie, on n’exclut personne, surtout pas des élus. En d’autres temps une telle décision auraient été qualifiée de bonapartiste, de brutale, d’autoritaire voire même de dictatoriale surtout lorsqu’on s’aperçoit qu’au final tous les élus ne sont pas bannis de ces instances. En effet, l’adjoint de quartier (mais aussi conseiller général dans un certain nombre de cas) et ses services participent à l’élaboration de l’ordre du jour des conseils cantonaux -pardon de quartier - assistent à leurs réunions voire même y présentent des projets municipaux. Il faut savoir ! Soit aucun élu n’a le droit de participer à ces réunions, soit tous peuvent y assister. Il ne peut y avoir 2 poids, 2 mesures en l’espèce !
Une exception à cette règle - ou peut-être un oubli politique ? – apparait dans la charte. Dans le point 3, petit a, il est précisé que les conseils pourront mettre en place des commissions thématiques pouvant accueillir toute personne ou association souhaitant s’associer aux travaux. Ces personnes et ces associations seront donc légitimes pour le travail en commission, mais indésirables au cœur du COQ. Devons-nous aussi voir dans cette formulation une réhabilitation de la place des élus ?
Vous prévoyez également des réunions publiques une fois par année. En dehors de votre présence, monsieur le maire, et de celles de vos adjoints, les autres élus strasbourgeois en seront-ils encore bannis ?


Ces fameux conseils cantonaux - décidément j’ai du mal ! – ces fameux conseils de quartier seront donc consultés sur tous les projets qui impactent la vie du canton et qui feront l’objet d’une délibération. Nous reconnaissons que cela n’est pas une mauvaise idée. Toutefois, votre volonté de passer à un ordre du jour accéléré en conseil municipal enverra aux oubliettes les avis des conseils cantonaux – Cela ne serait-il pas plus simple pour tout le monde de les appeler ainsi ? Conseils Cantonaux correspond pourtant à une réalité ! – car si aucun élu ne retient les points concernés, le fruit de travail des COQ demeura dans la confidentialité à moins, que nous ne passions pas à un ordre du jour accéléré ou que notre règlement intérieur précise que toutes les délibérations comportant l’avis de ces conseils soient systématiquement débattues en conseil.

Enfin, la charte dispose que les réunions des Conseils Cantonaux seront animées par un animateur professionnel, neutre et externe à la collectivité. Comment seront-ils choisis ? Sur quels critères ? Qui les rémunérera ? Je note au passage que votre formulation laisse entendre qu’il n’y a pas au sein de notre collectivité de personnes suffisamment professionnelles et neutres pour remplir cette mission. Je ne me risquerai pas à commenter cette position mais devons nous y voir un lien avec les déclarations de votre premier adjoint, lors du dernier conseil de CUS, qui estimait alors qu’il n’y avait pas suffisamment de militants socialistes travaillant à la CUS, il précisait d’ailleurs avoir procédé à un recensement… on croit rêver !!! *

S’agissant de la forme, et je sais que vous lui accordez beaucoup d’importance, nous avons été extrêmement surpris de voir, avant même que les élus n’aient pris connaissance de votre projet en réunion plénière, avant même que notre assemblée n’est débattue ce point, nous avons été surpris de voir réalisé une plaquette intitulée « Les conseils de Quartier c’est quoi ? ». Elle est accompagnée d’un courrier, daté du 15 septembre, et adressé à l’attention des agents de la CUS. En l’espèce, vous avez fait bien peu d’importance de notre assemblée. Ce comportement laisse à croire que l’examen des délibérations en conseil ne semble constituer qu’un passage purement formel à vos yeux. En d’autres temps, certains de vos adjoints et vice-présidents auraient déclaré, je cite, « Alors pour vous, le Conseil Municipal ne sert à rien, ne contrôle rien, ne décide rien ? » avant de faire le tour de Strasbourg en dénonçant le mépris, l’autisme, la brutalité, le bonapartisme, l’autoritarisme, …. de l’équipe municipale

Monsieur le Maire, vous l’aurez compris, nous condamnons la forme employée. Sur le fond nos inquiétudes sont nombreuses mais nous préférons attendre la mise en œuvre de votre projet avant de porter un jugement sur son fonctionnement réel.