mercredi, 04 février 2009

Conseil Consultatif des Résident Etrangers

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Intervention de madame Anne Schumann

Conseil municipal du 2 février 2008

Point 8 : Conseil Consultatif des Résidents Etrangers (CCRE)


Monsieur le Maire,

Quelques points qui auraient mérité d’être précisés puisque nous ne savons toujours pas combien de membres constitueront précisément ce futur conseil.

Si dans le premier collège - celui des personnes volontaires au nombre de 40 - il est bien question de parité hommes-femmes, il n’en est malheureusement plus question pour les personnes morales du deuxième collège, autrement dit les associations qui représentent les différentes communautés étrangères de Strasbourg. Je doute que dans ce collège, on puisse avoir une réelle parité.
En outre, généralement ces associations, que je connais très bien, sont présidées et/ou dirigées par des français de la deuxième ou troisième génération, ce qui a été le cas lors du CCRE première version. On est donc bien loin d’une représentation effective des étrangers dans ce conseil !

Voilà pour la forme et la représentativité mais sur le fond je crois aussi qu’il faut arrêter de créer des catégories de citoyens dans cette ville et que les étrangers attendent que la ville les accueille et qu’ils soient parfaitement intégrés dans les quartiers où ils habitent.

Alors pourquoi ne pas vraiment mettre en évidence la véritable raison d’être de votre CCRE à savoir ; le droit de vote des étrangers aux élections municipales ?
Vous savez pourtant très bien que cette disposition relève du parlement et qu’aucun conseil municipal n’a de prise sur cette décision.
D’ailleurs, de 1981 à 1986, de 1989 à 1993, de 1997 à 2002, le parti socialiste et ses alliés avaient tout le loisir d’instaurer le droit de vote des étrangers. 14 années de pouvoir se sont passées mais cette promesse électorale de François Mitterrand n’a jamais était tenue.

Il s’agit donc à nouveau d’un leurre que vous et votre équipe socialiste/vertes envoyez aux résident étrangers en leur laissant miroiter quelque chose qu’ils ne pourront jamais obtenir via cette structure.
Idem d’ailleurs pour le droit d’asile qui ne dépend pas du conseil municipal !

En revanche, à son niveau de compétence, la ville peut améliorer les conditions d’accueil dans les logements, les écoles, les associations etc…. Surtout, les étrangers peuvent se retrouver normalement, comme tout citoyen de cette ville, dans les conseils de quartiers où ils pourraient concrètement s’exprimer sur la vie de leur quartier et leurs attentes ….

Cette décision pourrait laisser croire que les socialistes/verts strasbourgeois ont recréé le CCRE uniquement parce que cela pourrait leur donner la possibilité de se constituer des réseaux d’électeurs (émigrés de la deuxième ou troisième génération).

Enfin, sans nier les problèmes que connaissent les femmes (accès aux soins, à l’emploi etc..), les jeunes de la deuxième génération, les demandeurs d’asile, les étrangers en situation irrégulière, je ne crois pas que ce soit dans cette instance que seront réglés leurs problèmes.

Et si j’osais m’exprimer à titre personnel étant fille d’émigré polonais moi-même, j’oserai dire la fierté de nos pères d’être devenus Français et que la meilleure intégration c’est la naturalisation ! Elle prouve, lorsqu’on la demande, qu’on aime la France et qu’on souhaite que nos enfants y vivent comme tous les autres français en acceptant ses droits mais surtout ses devoirs !