mercredi, 04 mars 2009
Projet de motion de Robert Grossmann
« Contre les communautarismes et pour le respect de la République »
Conseil Municipal du 9 mars 2009
"La guerre entre le Hamas et Israël a eu des répercussions à Strasbourg.
Des tensions vives se sont faites jour.
La légitime compassion envers la population de Gaza aussi bien que les sympathies envers Israël sont du ressort de la conscience individuelle de chaque citoyen français ainsi que des hôtes de la France que sont ses visiteurs étrangers.
Les règles qui gouvernent la République française excluent toute prééminence communautariste et privilégient clairement l’expression et la valorisation de chaque individu fondées sur l’humanisme, socle des droits de l’homme et du citoyen.
Aucune communauté d’aucune sorte, ne peut s’arroger un quelconque droit de prééminence sur la République française et ses valeurs.
Aucune menace ne saurait faire plier la loi de la démocratie.
Vivre en République implique pour tous le respect de chaque citoyen sans distinction de race, ni de religion, ni de philosophie.
Ces principes qui régissent notre vie citoyenne au quotidien excluent à plus forte raison toute velléité d’importer en France des conflits qui se déroulent à l’étranger, d’un coté comme de l’autre.
Le conseil municipal réaffirme de manière claire et unanime son attachement aux valeurs de la République en excluant toute expression communautariste quelle qu’elle soit.
Il rejette avec force l’idée d’importer un conflit étranger.
Il ne saurait pas davantage admettre que des pressions et des menaces communautaristes s’expriment impunément dans notre ville, capitale des droits de l’homme.
Il rappelle en ce sens que le conseil des étrangers ne saurait être fondé sur des expressions communautaristes comme l’ethnisme, la religion ou la langue.
Par ailleurs, comme l’ont affirmé ses promoteurs, sa vocation est exclusivement destinée à tout homme ou femme ne disposant pas de la nationalité française.
Il ne peut réunir des citoyens français disposant en plus d’une autre nationalité. Faute de quoi il ne serait qu’un lieu de rassemblement d’électeurs communautarisés."
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mercredi, 04 février 2009
Conseil Consultatif des Résident Etrangers

Intervention de madame Anne Schumann
Conseil municipal du 2 février 2008
Point 8 : Conseil Consultatif des Résidents Etrangers (CCRE)
Monsieur le Maire,
Quelques points qui auraient mérité d’être précisés puisque nous ne savons toujours pas combien de membres constitueront précisément ce futur conseil.
Si dans le premier collège - celui des personnes volontaires au nombre de 40 - il est bien question de parité hommes-femmes, il n’en est malheureusement plus question pour les personnes morales du deuxième collège, autrement dit les associations qui représentent les différentes communautés étrangères de Strasbourg. Je doute que dans ce collège, on puisse avoir une réelle parité.
En outre, généralement ces associations, que je connais très bien, sont présidées et/ou dirigées par des français de la deuxième ou troisième génération, ce qui a été le cas lors du CCRE première version. On est donc bien loin d’une représentation effective des étrangers dans ce conseil !
Voilà pour la forme et la représentativité mais sur le fond je crois aussi qu’il faut arrêter de créer des catégories de citoyens dans cette ville et que les étrangers attendent que la ville les accueille et qu’ils soient parfaitement intégrés dans les quartiers où ils habitent.
Alors pourquoi ne pas vraiment mettre en évidence la véritable raison d’être de votre CCRE à savoir ; le droit de vote des étrangers aux élections municipales ?
Vous savez pourtant très bien que cette disposition relève du parlement et qu’aucun conseil municipal n’a de prise sur cette décision.
D’ailleurs, de 1981 à 1986, de 1989 à 1993, de 1997 à 2002, le parti socialiste et ses alliés avaient tout le loisir d’instaurer le droit de vote des étrangers. 14 années de pouvoir se sont passées mais cette promesse électorale de François Mitterrand n’a jamais était tenue.
Il s’agit donc à nouveau d’un leurre que vous et votre équipe socialiste/vertes envoyez aux résident étrangers en leur laissant miroiter quelque chose qu’ils ne pourront jamais obtenir via cette structure.
Idem d’ailleurs pour le droit d’asile qui ne dépend pas du conseil municipal !
En revanche, à son niveau de compétence, la ville peut améliorer les conditions d’accueil dans les logements, les écoles, les associations etc…. Surtout, les étrangers peuvent se retrouver normalement, comme tout citoyen de cette ville, dans les conseils de quartiers où ils pourraient concrètement s’exprimer sur la vie de leur quartier et leurs attentes ….
Cette décision pourrait laisser croire que les socialistes/verts strasbourgeois ont recréé le CCRE uniquement parce que cela pourrait leur donner la possibilité de se constituer des réseaux d’électeurs (émigrés de la deuxième ou troisième génération).
Enfin, sans nier les problèmes que connaissent les femmes (accès aux soins, à l’emploi etc..), les jeunes de la deuxième génération, les demandeurs d’asile, les étrangers en situation irrégulière, je ne crois pas que ce soit dans cette instance que seront réglés leurs problèmes.
Et si j’osais m’exprimer à titre personnel étant fille d’émigré polonais moi-même, j’oserai dire la fierté de nos pères d’être devenus Français et que la meilleure intégration c’est la naturalisation ! Elle prouve, lorsqu’on la demande, qu’on aime la France et qu’on souhaite que nos enfants y vivent comme tous les autres français en acceptant ses droits mais surtout ses devoirs !
15:34 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne schumann, conseil municipal, strasbourg, conseil, résidents, étrangers, roland ries
mardi, 03 février 2009
Pourquoi nous ne sommes par pour le « conseil consultatif des étrangers », sauce socialiste
Intervention de Robert Grossmann lors du conseil municipal de Strasbourg du 2 février 2009
Monsieur le Maire,
Le projet que vous soumettez aujourd’hui à notre conseil ne s’inscrit pas dans une vision de société moderne, ouverte et accueillante. Il semble plutôt constituer un nouveau sacrifice aux dogmes figés d’un socialisme conservateur, incapable de se renouveler et de vivre avec son temps.
La création d’un conseil des étrangers est un à la fois un archaïsme et une fiction sur une toile de fond qui est la volonté permanente de créer des effets d’annonces.
En effet, et cela me semble être une de vos principales motivations, vous souhaiteriez afficher médiatiquement une intention généreuse, en essayant dans le même mouvement, de démontrer que le PS et la gauche, vous par conséquent, ont le monopole et l’exclusivité de la générosité, du cœur, de l’intelligence. Et donc que tous ceux qui sont étrangers au PS se trouveraient rejetés dans le champ des ténèbres.
C’est bien cela qui se dégageait des déclarations à la presse de l’adjointe chargée de ce dossier, qui n’a pu s’empêcher de s’en prendre une fois de plus à l’ancienne municipalité.
Et je note que cette diabolisation, ce manichéisme, constitue l’axe principal de votre comportement politique.
Je souhaiterais expliquer ici en quoi vous commettez une erreur et en quoi ce projet porteur de désillusions pour tous les strasbourgeois et les étrangers eux mêmes, en particulier.
Analysons d’abord le mot étranger.
Il véhicule bien des charges, de la plus claire, à la plus sombre.
De manière simple l’étranger est celui qui n’a pas la même nationalité que la nôtre, qui n’est pas de chez nous, mais qui est de passage chez nous. Mais ce mot a pris, par un certain usage, des connotations négatives et, au pire, « l’étranger » sous entend une frontière dans les esprits, une distance, voire un rejet.
Le mot étranger nait au XIVème siècle et dérive du mot « étrange »…Par là même se trouve posé tout le problème de l’altérité : « l’autre » si difficilement admis par tous ceux, nombreux, qui ne comprennent que ce qui leur ressemble.
En voulant instaurer un conseil des étrangers, vous créez un cercle discriminant qui désigne les étrangers en les isolant et cela ne procède pas d’humaniste et pourrait même faire penser à la société de la Rome antique avec ses classes ségréguées.
Une société moderne ne devrait pas se développer sur une stigmatisation de l’étranger et l’emploi même de ce mot dans la formule « conseil des étrangers », de manière si visible et si médiatique emporte des effets négatifs.
Pire, créer un conseil des étrangers c’est plus qu’une stigmatisation qui risque de réveiller chez les plus frustes de nos concitoyens des xénophobies enfouies, c’est enfermer les étrangers politiquement, célébrer et officialiser leurs différents replis identitaires, c’est en quelque sorte les ghettoïser.
Pourquoi d’ailleurs cette volonté de les regrouper ? Pourquoi ne pas laisser à chaque individus sa singularité et son libre arbitre, pourquoi cette collectivisation si ciblée ?
peut avoir des éléments de réponses en analysant le montage de votre affaire.
De vos documents il ressort que vous commencez par exclure tout ce qui est européen. C’est un apartheid dans l’apartheid…Pas de conseil pour eux.
Vous ne voulez donc vous adresser qu’à des étrangers extra européens, magrébins, africains, turcs, asiatiques.
Que peuvent en penser tous les strasbourgeois, dans leur ensemble, et les européens en particulier ? Je vous le laisse deviner…
Je passe sur la complexité de votre agencement avec ses collèges et ses commissions. Vous aimez tellement ça créer des conseils, des collèges, et des commissions. Que ça dysfonctionne par la suite n’est pas votre affaire, nous le voyons avec nos commissions à nous…
L’idée générale qui semble sous tendre votre projet est de « favoriser l’accès aux droits effectifs pour les immigrés »
On pense immédiatement au droit de vote et vous l’exprimez d’ailleurs, puisque les immigrés bénéficient de droits et d’avantages sociaux reconnus.
Une question comme le droit de vote n’est pas du ressort d’une municipalité à plus forte raison d’un conseil des étrangers. Ceux qui pourraient s’imaginer obtenir le droit de vote avec votre conseil seraient donc induits en erreur.
Mais alors, avec ce programme que vous voudriez séduisant et attractif pour les étrangers, quel est votre objectif ?
Un commencement d’explication nous parvient grâce à l’un de vos conseillers municipaux impliqué dans le processus et qui dit, chose stupéfiante, « il s’agit de favoriser le regroupement autour d’affinités ou de convergences politiques »
On ne saurait être plus clair : il s’agit d’une machinerie politicienne, tendant à insérer des étrangers dans un conseil … socialiste pour les faire « converger » vers le socialisme. On peut aussi se demander à quel type d’affinités il est fait allusion, affinités électives, religieuses, philosophiques, ethniques ? Une réponse précise s’impose mais ne dissipera pas le malaise.
Par conséquent, en plus de son effet discriminant, votre affaire constitue une supercherie peu respectueuse des hommes et des femmes que vous cherchez ainsi à attraper dans un amer pot au miel socialiste.
Nous avons une autre conception des hommes et des femmes qui ne sont pas de nationalité française mais qui vivent chez nous. D’abord nous n’avons jamais tenté de les embrigader. Ensuite nous n’avons jamais voulu les regrouper par affinités, ni philosophiques, ni ethniques, ni religieuses.
Nous demandons qu’on les respecte, qu’on ne leur fasse pas miroiter des avantages qu’il n’est pas possible d’acquérir par le truchement de ce conseil.
Nous demandons qu’on les considère comme des strasbourgeois à part entière donc sans apartheid d’aucune nature, ni avec les européens ni avec tous les autres.
Au total j’ai la conviction que toutes les belles intentions que vos affichez de manière si légère sont fondées sur du vent médiatique et que ce sont de pervers effets inverses qui seront générés par ce conseil des étrangers.
Pour toutes ces raisons et en manifestant aux étrangers de Strasbourg tout le respect que je viens d’évoquer, notre groupe ne votera pas pour ce projet.
12:06 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : robert grossmann, groupe des démocrates, ump, strasbourg, conseil, municipal, consultatif
lundi, 02 février 2009
Jean Emmanuel ROBERT : Où est la concertation ?

Intervention de Monsieur Jean Emmanuel ROBERT
Conseil Municipal du 02 février 2009
Point 13 : Acquisition d'un terrain - paroisse du sacré coeur
Monsieur le Maire,
Comme vous aviez confondu en séance plénière l’église du Sacré Cœur située à la Montagne Verte avec l’Eglise Saint Paul de Koenigshoffen, mais vous êtes pardonné, l’une n’étant pas très loin de l’autre, je pense que vous ne verrez pas d’inconvénients à ce que j’intervienne en marge de cette délibération au sujet de cette dernière.
Comme vous le savez, la Ville a entrepris à juste titre une opération de requalification du parvis de la paroisse Saint Paul avec à la clé l’une ou l’autre réunion d’informations, au cours desquelles un projet unique mais avec 2 variantes assez artificielles, il faut bien le dire, ont été proposées aux habitants.
Ces derniers, d’après ce que l’on a pu lire dans la presse, n’ont pas vraiment eu l’opportunité de les amender et les 2 options en question ont été écartées d’un revers de la main à la fois par les riverains directement concernés (ceux de la rue de la Tour et de la rue du Schnokeloch notamment), mais aussi par l’association représentative sur le secteur, l’APEK, au point qu’une pétition de plus de mille signatures vous a récemment été adressée.
Outre les caractéristiques de l’aménagement programmé sur lesquels je ne reviendrai pas, c’est tant l’absence de concertation et de dialogue que la suppression d’une trentaine de places de stationnement dans un secteur très contraint qui provoque l’hostilité des habitants.
Une ultime réunion houleuse (c’est le terme qui a été utilisé par la presse) s’est déroulée la semaine passée sans qu’encore une fois un véritable dialogue ne s’instaure et sans qu’un consensus puisse voir le jour. Certains habitants sont même déterminés à porter l’affaire devant le Conseil d’Etat, c’est dire...
Monsieur le Maire, vous avez fait de la concertation, du dialogue et de l’écoute l’une de vos priorités. Une ville qui dialogue avez-vous dit, on en est très loin en l’espèce. Vous ne pouvez pas être sourd aux légitimes revendications exprimées par plus de mille résidents de l’un des plus importants quartiers ouest de Strasbourg, qui n’ont pas pour l’instant et j’insiste lourdement, accès au Tram.
Quelle réponse concrète comptez-vous leur rapporter ; comment envisagez-vous de redonner un peu de sérénité à ce projet ?
22:08 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean emmanuel, robert, conseil municipal, strasbourg, concertation, roland ries, ump
mardi, 16 décembre 2008
Interview de Robert Grossmann (DNA) budget 2009.
10:00 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : groupe des démocrates pour le progrès, gdp, ump, nouveau centre, strasbourg, débat, budgétaire
Débat budgétaire

Intervention de Monsieur Jean Emmanuel ROBERT
Conseil Municipal du 15 décembre 2008
Point 1 – Budget
Monsieur le Maire,
Mes Chers Collègues,
Le budget primitif constitue l’acte politique majeur puisqu’il est censé transposer en engagements financiers le projet politique du Maire, de sa municipalité, et c’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’une équipe nouvellement élue.
Très logiquement, ce budget devrait donc nous éclairer sur votre ambition pour Strasbourg, sur vos intentions concrètes, et comme vous vous y étiez engagés monsieur le Maire, je vous cite, « sur les retombées immédiates sur la vie personnelle des Strasbourgeois ». Il devrait à tout le moins, refléter vos engagements de campagne, illustrer les projets que vous souhaitez mettre en œuvre l’année prochaine, mais également sur la durée de votre mandat. Il devrait enfin prendre en compte la situation économique difficile que nous traversons.
Malheureusement, il faut bien le reconnaître, nous sommes sortis, le mois dernier, du débat d’orientations budgétaires bien plus désorientés qu’orientés. Nous avons été bien en peine de pouvoir disposer d’une stratégie financière claire, à long terme, et dans l’incapacité de desceller derrière vos nombreuses déclarations d’intention, le cap fixé, l’impulsion et l’ampleur que vous souhaitez donner à l’action municipale.
C’est donc quelque peu déboussolés mais sans aucune illusion que nous avons pris connaissance des éléments chiffrés que vous nous proposez aujourd’hui. A leur lecture nous avons constaté comme nous le pressentions et le redoutions, un véritable budget de régression.
Quoi que vous puissiez dire et affirmer en effet Monsieur le Maire, ce n’est pas ce budget qui contribuera de manière efficace à améliorer la vie quotidienne des Strasbourgeois. Il ne conduira pas au fameux « mieux vivre ensemble » que vous aviez pourtant promis et, qui, visiblement est déjà relégué au rang des promesses oubliées. Ce n’est pas ce budget qui concourra à renforcer l’attractivité économique de Strasbourg et à tisser plus lien social, car derrière les discours de façade, derrière les effets d’annonce, derrière l’autosatisfaction de votre majorité et les tours de passe-passe financiers, ce budget est dans les faits un budget de rigueur, un véritable plan d’austérité. En fait : un budget de régression comme Strasbourg n’en a avait pas connu depuis longtemps, digne d’ailleurs des plus fidèles apôtres de l’ultra orthodoxie budgétaire !
A un moment, où il conviendrait au contraire, d’initier un véritable plan de relance et de soutien à l’activité, à l’instar de ce que font la plus part des Etats Européens, le land frontalier, de nombreuses grandes collectivités territoriales, et que s’apprêtent à adopter les Etats-Unis sous l’impulsion de leur nouveau Président, Barak OBAMA, à Strasbourg, totalement à contre emploi, visiblement éloignés des réalités et du terrain, repliés sur vous-mêmes, comme enfermés dans une bulle, vous réduisez considérablement la voilure des investissements.
Avec un tel tour de vis, vous courrez le risque de mettre à mal nombre de PME, déjà fragilisées par le ralentissement de l’activité. Mais surtout, vous privez les carnets de commande des entreprises de travaux publics, d’un ballon d’oxygène pourtant vital pour la sauvegarde de leurs emplois. En un mot : vous prenez la responsabilité d’accroître à Strasbourg la dégradation du climat économique et social.
Et ce n’est pas, le maintien des taux de fiscalité qui changera la donne, en raison non seulement de la revalorisation automatique des bases qui induira une progression de plus de 2% des impôts locaux en 2009, mais également, parce que vous avez d’ores et déjà amputé le pouvoir d’achat des Strasbourgeois en augmentant substantiellement les tarifs de la CTS. Au fond, vous faites semblant de donner aujourd’hui d’une main ce que vous avez d’ores et déjà, largement repris de l’autre. Je note au passage l’absence de transparence sur vos intentions, cette année ou les années suivantes, en matière de stationnement payant, bien que vous prévoyez en autorisations de programme, d’acquérir de nouveaux horodateurs, pas plus que sur l’idée émise par l’un de vos adjoints, d’ouvrir un casino à Strasbourg. Pas étonnant dès lors que la partie recette de votre budget ressemble à une sorte de poker menteur !
Là où nous attendions de votre majorité une stratégie cohérente, une démarche volontariste, innovante et audacieuse pour faire face à la crise, relancer localement la croissance et lutter contre le chômage, nous avons droit à une politique frileuse, lisse et sans aspérité.
Là où nous attendions de vous, Monsieur le Maire, que vous traduisiez en actes dans ce budget, ce qui fut votre leitmotiv pendant la campagne, et permettez-moi de vous citer encore, « que Strasbourg retrouve son véritable talent, celui d’être une Ville créative », les Strasbourgeois découvrent avec stupéfaction une nouvelle forme de conservatisme, d’immobilisme mais surtout, je le répète, de régression.
Et les chiffres parlent d’eux-mêmes, vous ne pouvez d’ailleurs pas les contester puisque ce sont les vôtres autant que l’est désormais ce budget :
-diminution de 25% des investissements opérationnels en faveur du sport et de la jeunesse avec les conséquences difficiles que cela aura sur les clubs, leurs équipements, sur le moral des dirigeants et des bénévoles, mais aussi sur les jeunes que vous allez désespérer.
-réduction de l’ordre de 15% pour l’éducation et l’enseignement avec à la clef, obligatoirement, un net ralentissement du programme de réhabilitation des écoles. C’est indéfendable de la part d’une majorité dite de progrès et cela en dit long, sur la manière que vous avez de préparer l’avenir de nos enfants !
-chute vertigineuse, du jamais vu, de près de 30% des investissements consacrés aux aménagements, aux services urbains et à l’environnement, alors que vous affirmiez pendant la campagne, Monsieur le Maire et je vous cite toujours « que l’urgence est à l’investissement dans les équipements de proximité qui facilitent la vie quotidienne », tout en promettant de faire de Strasbourg une Ville durable.
-effondrement de près de 23% des crédits consacrés à l’administration, à la logistique, au patrimoine mais surtout à la sécurité, cette tranquillité publique à laquelle les Strasbourgeois sont très attachée et que déjà, quelques mois à peine après votre arrivée aux responsabilités, vous reléguez au second rang.
Mes chers Collègues, rien ne justifie à nos yeux une telle politique de régression sociale qui va se faire sentir d’abord dans les quartiers, notamment par les plus fragiles, qui au lieu d’être les premiers soutenus par la collectivité, notamment dans la défense de l’économie locale, donc de leur emploi, seront en réalité les premiers à en faire les frais.
Mais c’est surtout lorsqu’on s’attache à la mise en œuvre effective de vos engagements de campagne que l’on constate avec éclat le décalage entre ce qui a été promis et ce qui est réellement tenus. Pour beaucoup d’entre eux en effet, on ne décèle pas dans ce budget le commencement d’un début de mise en œuvre.
Et pour n’en citer que quelques uns pouvez-vous nous dire Monsieur le Maire,
-ce qu’il en est de votre projet de création d’un nouvel opéra, d’un centre nautique, d’un grand espace dédié aux sports de glisse : je ne vois aucune autorisation de programme les concernant.
-S’agissant de l’installation d’un dispositif de vélos en libre service, d’une vélo-école, d’ateliers de réparations et d’entretien, faut-il craindre comme ce budget le laisse à penser, qu’ils soient renvoyés aux calendes Grecs ?
-Quid de votre promesse de créer un office foncier, une maison de la santé, un bureau du temps, un réseau de taxi de nuit de borne à borne ? Probablement reportés sine die !
-Monsieur le Maire, puisqu’il y a urgence en matière de logement, pourquoi n’avez-vous rien prévu au sujet votre fameuse garantie des risques locatifs visant à supprimer les cautions demandées aux jeunes et que ces derniers attendent avec impatience?
Quand est il de votre promesse de bourses destinée aux étudiants- ils sont plus de 40 000 à Strasbourg-, de la création d’un portail Internet dédié à l’emploi des jeunes, de l’ouverture de plate-forme d’initiatives locales dans les quartiers : pouvez-vous nous dire avec précisions quels seront les quartiers concernés en 2009?
Pourquoi diable avoir mis au frigidaire votre promesse de créer une maison de l’étudiant, d’ouvrir des guichets uniques pour l’emploi, le logement, l’aide sociale et les transports publics ?
Vous vous êtes engagé à faire de l’économie sociale et solidaire l’un des grands chantiers de la mandature : pourquoi votre budget, alors que nous sommes en période de crise, fait-il l’impasse sur le soutien au micro crédit, comme vous l’aviez proposé ?
Et que dire de votre engagement de mettre à la disposition de chaque élève strasbourgeois, un ordinateur ? S’agit-il là aussi d’une énième promesse formatée ? Ou faut- il penser que ce matériel informatique arrivera en kit, que les jeunes auront l’année prochaine la souris et le tapis après avoir reçu en 2008 la clef USB ?
Voilà autant de questions qui ne trouvent pas de réponse dans ce budget de rigueur, et avec mes collègues de l’opposition nous le redoutons autant que nous le déplorons, autant de promesses qui resteront probablement sans lendemain !
Alors naturellement comme à l’accoutumée vous allez nous expliquer que vous avez été contraints, la mort dans l’âme, de faire des choix et donc de fermer les robinets.
A vous entendre c’est bien évidemment la faute de l’Etat de qui vous exigez tout sans aucun complexe, notamment qu’il fasse l’exact contraire de la politique de régression en matière d’investissements opérationnels que vous menez.
Pour mieux vous exonérer de vos promesses, vous allez nous refaire pour la énième fois le coup de l’héritage, de l’audit, de la situation dégradée que vous auriez trouvée en arrivant. Si elle l’avait été autant que vous le dites, qui peut croire raisonnablement que vous n’auriez pas été dans l’obligation d’augmenter massivement les impôts. Si la gestion de vos prédécesseurs avaient été à ce point chaotique, qui peut croire que vous auriez laissé l’autofinancement de la collectivité s’écrouler en vous payant le luxe de réduire les cessions d’actifs de près de 60%, soit environ 18M d’euros.
Si la situation avait été celle que vous ne cessez décrire, et de décrier, comment pouvez-vous expliquer que notre Ville puisse de désendetter pour la 3ème année consécutive ?
Alors, pour vous dédouanez de mener cette politique d’austérité antisociale, je comprends qu’il soit commode que vous vous sentiez obligé de nous repassez incessamment votre vieux disque rayé sur la dette. Mais une fois pour toute, ne vous en déplaise, Strasbourg est la 3ème ville de France la moins endettée, c’est ce qu’indiquent vos chiffres, vos tableaux, votre budget. Largement devant Nantes, Grenoble où Lille, dont le Maire est d’ailleurs votre nouveau leader, votre nouveau chef (au moins pour la moitié d’entre vous), votre nouveau model, qu’on ne vous recommande toutefois pas de suivre en matière d’endettement municipal et communautaire. Ensuite, parce que cette dette peu importante, qui se réduit, vous permet, mais vous vous gardez bien de le claironner, de prévoir dans votre budget 2009 une hausse de 30% des emprunts nouveaux, pour un montant de 37millions d’€.
Pour terminer, vous me permettrez, avec mes collègues du groupe des démocrates pour le progrès, de dénoncer l’opacité qui règne dans ce budget primitif, notamment au sujet du gonflement artificielle des charges financières. Comment pouvez-vous en effet prévoir une simple stabilisation des intérêts liés aux emprunts et à la dette, quand les taux baissent et que la Ville se désendette? Pour les mêmes raisons, et c’est imparable, comment pouvez vous prévoir un accroissement de 30% des intérêts bancaires, alors que la ligne de trésorerie est contractée à l’année, que le la BCE en quelques semaines, a nettement baissé ses taux directeurs de 3,75 à 2,50% et que d’autres baisses ne sont pas à exclure.
Que dire des dotations aux provisions qui augmentent de 195% sans aucune explication mais surtout, cerise sur la gâteau, comment pouvez prévoir une augmentation conséquente, près de 25%, du poste intitulé « dépenses imprévues », alors que, comme son nom l’indique, elles ne sont pas prévisibles !
Où va donc passer tout cet argent, plus d’un million et demi d’euros : voilà une belle cagnotte qui aurait pu servir à améliorer directement le pouvoir d’achat des Strasbourgeois.
Monsieur le Maire,
De grands enjeux et de nombreux défis se posent à Strasbourg : votre absence de volontarisme ne vous permettra pas d’y répondre. Le budget que vous avez concocté est socialement injuste et n’est pas économiquement viable en période de crise.
Vous l’aurez compris, les raisons sont suffisamment nombreuses, sur la forme autant que sur le fond pour que nous ne puissions pas le voter et par conséquent cautionner votre politique, car la bonne réponse à la récession ça ne peut pas être la régression !
Je vous remercie.
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jeudi, 20 novembre 2008
Anne SCHUMANN : Orientations Budgétaires

Intervention de Madame Anne Schumann
Conseil Municipal du 17 novembre 2008
Point 1 – Orientations Budgétaires
Monsieur le Maire,
Cher(e)s collègues,
En liminaire permettez-moi tout d’abord de regretter la pauvreté des documents que vous nous avez transmis. 6 pages et 3 tableaux pour des orientations budgétaires qui portent sur 6 années. Avouez que c’est un peu court d’autant plus que ce document n’est qu’une série de lamentations sur la situation dont vous auriez hérité (x fois référence à la dégradation) ce que contredit formellement l’annexe « étude comparative des grandes villes de France » qui aurait mérité d’être complétée par un classement de ces villes où l’on aurait vu que Strasbourg est de loin une ville dont la situation financière est plus que saine malgré la crise actuelle.
Depuis votre élection, Monsieur le Maire, les membres de votre majorité et vous-même n’avez cessé d’expliquer aux Strasbourgeois que, faute d’un budget 2008 qui n’était pas le vôtre, vous ne pouviez rien faire. Voici donc venu le temps, aujourd’hui, de débattre des premières orientations budgétaires de votre mandature avant le vote de votre budget le mois prochain.
Ce premier débat devrait constituer, à notre sens, la présentation de vos projets, de vos ambitions, de votre stratégie pour la Ville. Or, au jour d’aujourd’hui, vous nous demandez de nous prononcer sur la stratégie fiscale, sur des investissements, sur le fonctionnement de notre collectivité sans pour autant nous communiquer vos projets.
A travers les 6 pages qui nous ont été transmises nous assistons à une sorte de conditionnement psychologique des élus mais aussi de la population autour d’une pensée unique. Elle se résume à « ce que nous vous proposons est parfait et d’ailleurs on ne peut pas faire autrement car, comme vous le constatez, au vu de la projection pluriannuelle que nous vous soumettons nous n’avons pas d’autres possibilités compte tenu des contraintes extérieures qui s’imposent à nous. »
Le conditionnement est soigneusement organisé. On martèle en continue des excuses : l’héritage du passé (dire que votre équipe annonçait lors de sa prise de fonction ne pas vouloir se tourner vers le passé… ), les dotations de l’Etat, la fiscalité de la Région et du Département. Bref, nous sommes invités à comprendre que « ce n’est pas de notre faute mais celle des autres ».
Vous dénoncez le fort niveau d’investissement de ces dernières années qui auraient détérioré la situation financière de notre ville. Cette analyse comptable de la situation de la ville est regrettable. Ces investissements ou devrais-je plutôt dire la patinoire de Cronenbourg, la médiathèque Malraux, la réalisation du Rhénus Sport, les extensions du Tramway, le Zénith, les rénovations et mises en sécurité des écoles, des gymnases, des stades et tous les autres projets de quartiers ont profité à tous les Strasbourgeois. Oui, les investissements ont été forts mais ils étaient justifiés après 12 années d’immobilisme (mis à part le tram !) Ils ont aussi contribué à soutenir les entreprises et à stabiliser le marché de l’emploi malgré les retards dans les projets dus à vos multiples recours (il faudrait rendre public ce qu’a couté aux contribuables l’arrêt du Tram et du pont Churchill que plus personne ne remet en question aujourd’hui). De ce point de vue économique, nos objectifs ont également été atteints. Mieux encore, les statistiques 2008 révèlent que la Ville de Strasbourg est la 6ème ville de France la moins endettée avec 458 euros d’endettement par habitant loin devant Paris et ses 864 euros, Rennes et ses 783 euros, Lille et ses 649 euros, Lyon et ses 930 euros ou Nantes et ses 1178 euros par habitant presque 3 fois Strasbourg . Qu’est-ce que cela aurait donné si nous n’avions pas autant investi ?
Vous évoquez aussi les emprunts contractés dont l’évolution actuelle des taux couterait 250 000 euros à notre collectivité. Vous oubliez de préciser au passage, que ces taux flottants ont, ces dernières années, été positivement favorables en permettant à notre collectivité de voir le volume de ses emprunts diminuer ce que l’administration nous a confirmé en Commission Plénière. Est-il possible de connaitre la balance de ces gains et de cette perte ? Ces taux parlons-en. Après une augmentation importante suscitée par la crise financière, la Banque Centrale Européenne table sur une baisse de son taux directeur qui pourrait descendre sous les 2 %. Cette orientation impactera directement le taux de remboursement de nos emprunts. Nous sommes en l’espèce bien loin du pessimisme ou plutôt du conditionnement voulu par votre adjoint aux finances. De plus, et nous le verrons aussi en conseil de CUS, les emprunts que vous renégociez actuellement à taux fixes avec DEXIA le sont à un taux supérieur à ce que le marché propose encore aujourd’hui à taux variables.
Voilà pour le cadre. A présent, pour débattre des orientations budgétaires, il nous faudrait connaitre vos projets. Un bon marin parlerait plutôt de cap mais visiblement il a trop de capitaines qui annoncent des tas de choses tout azimut alors que pour l’instant nous ne voyons rien venir de concret.
Quid du palais des fêtes, de l’avenue de Vosges, des extensions tramway, du parc des expositions, des investissements en faveur des écoles et des gymnases ou de votre politique culturelle ?
Prévoir une ligne budgétaire de 76 millions d’euros d’investissements ou de 45 millions ne change pas grand-chose lorsque personne n’est en mesure de savoir à quoi correspondent ces investissements.
A en juger par ce que nous connaissons de votre programme pour les 6 prochaines années, je crois que la somme de 45 millions est encore trop importante. D’ailleurs, ce n’est même pas une stabilité de la fiscalité qu’il faudrait envisager mais bien une baisse car actuellement, votre politique se résume :
- à gommer et à critiquer les héritages du passé qui permettent pourtant des inaugurations multiples par vos adjoints se revendiquant des réalisations les qualifiant souvent de réussites (ce que vous appelez être sur le terrain et proche des gens)… ou alors à exiler de pauvres alsaciennes à Schweighouse parce qu’elles incarnaient le mauvais gout de notre équipe ?
- à une politique des coups d’arrêts des projets comme cela est le cas pour l’aménagement des terrains Starlettes ou la réalisation du parc des expositions à ce propos je vous invite à regarder la pauvreté des annonces légales ce qui fait d’ailleurs le désespoir des artisans et des entreprises de travaux publics et du bâtiment.
- à une politique des projets étriqués comme cette annonce de supprimer les feux rouges pour les 6 carrefours que comporte l’ellipse insulaire le long des lignes tramway,
- à une politique de l’effet d’annonce comme nous l’avons connu cet été avec l’annonce d’un fantastique spectacle sur les ponts couverts qui n’a finalement jamais vu le jour ou comme l’implantation d’une grande roue, parc de l’Etoile, qui ne se fera jamais. J’oubliais presque l’annonce de la construction d’un éco-quartier sur un terrain fortement contraint et toujours pollué. A ce sujet, Monsieur le Maire, notre groupe défend l’application du principe de précaution dans ce dossier. Si un éco quartier doit voir le jour sur ce cite, le terrain devra préalablement être dépollué. Peu importe le coût, la santé de ces futurs résidents ne doit pas avoir de prix !
Comparés à cette situation, les 150 000 euros de frais de communication autour des conseils de quartier ou les 45 000 euros pour diffuser un clip dans un grand cinéma Strasbourgeois paraissent bien dérisoire et pas forcément nécessaires.
Côté recettes, nous avons bien noté votre volonté de stabilité fiscale mais d’autres ressources sont possibles d’après votre équipe. Certains élus de votre majorité ont suggéré des extensions du stationnement payant voire une augmentation du tarif résidents ou l’instauration de péages Urbains. C’est une idée qui vous fut chère, Monsieur le Maire, est-elle encore d’actualité ?
L’un de vos adjoints très actif n’a pas manqué à plusieurs reprises de souhaiter l’installation d’un casino à Strasbourg. Y verriez vous aussi, Monsieur le Maire, l’occasion d’un jackpot pour les finances Strasbourgeoises ?
Ne connaissant pas vos projets pour l’avenir, nous ne sommes pas en mesure de juger efficacement les orientations qui nous sont présentées. Nous sommes naturellement favorables à la stabilité fiscale. Nous sommes aussi favorables à la poursuite des investissements dans notre ville seuls capables de soutenir le marché du BTP sévèrement touché par la crise. Nous sommes enfin favorables à la stabilité des dépenses de personnel qui vont tout de même augmenter ces 6 prochaines années de 42.09 millions d’euros.
Aujourd’hui entre vos propos alarmistes et un développement raisonnable nous savons qu’il y a de la marge mais vous comprendrez qu’il vous appartient de proposer ces choix fiscaux en fonction de vos projets et ce sera le débat du mois prochain puisqu’il n’y a aujourd’hui aucun vote.
11:19 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne schumann, conseil municipal, strasbourg, orientations budgétaires, roland ries, groupe des démocrates, progrès
mardi, 21 octobre 2008
Anne SCHUMANN : Vidéo Dailymotion
Intervention de Madame Anne SCHUMANN
Conseil Municipal du 20 Octobre 2008
Point 16 – Contrat Urbain de cohésion sociale
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Vous nous demandez aujourd’hui d’approuver le vote d’une subvention de 5 000 euros en faveur de l’ouverture d’un accueil de loisirs jeunes pour les 11/14 ans, qui s’ajouterait à celles déjà votées précédemment en faveur du centre socioculturel Le Galet qui réalise un travail tout à fait remarquable dans le quartier de Hautepierre.
Nous souhaiterions que dans leur programme éducatif de l’ensemble des CSC Strasbourgeois, l’accent soit plus particulièrement mis en faveur de la lutte contre la violence, la phallocratie et l’Homophobie.
En effet, la vue de plusieurs vidéos – visibles sur Dailymotion - d’un groupe dénommé « 1pulsif », soulève de nombreuses interrogations quant aux dérives actuelles.
Dans ces clips, nous découvrons des jeunes Strasbourgeois armés de fusils à pompe, d’armes de poing, multipliant entre autres les infractions au code de la route sur des quads dont le prix d’achat laisse rêveur, affalés sur des liasses de billets probablement faux. Nous y découvrons surtout une femme, promenée en laisse dans les rues d’Hautepierre.
En écoutant plus précisément les paroles de ces raps qui font également l’apologie du trafic de drogue nous apprenons, je cite : que « Hautepierre est la zone rouge du 6 – 7, » que « c’est le calme avant la tempête, ferme ta gueule avant qu’on t’enterre ». Nous apprenons aussi que, je cite encore : « c’est la merde, tous va cramer » que « c’est la guerre, il faut s’armer » et qu’« on emmerde le code pénal ». L’une des ces vidéo finit en apothéose avec l’intervention d’un jeune garçon de 12 /13 ans qui lui déclare « au 6 -7, il n’y a pas de tapettes mais des barrettes dans les chaussettes » etc, etc …
Ces clips sont intolérables et inacceptables. Nous condamnons avec force ces hymnes à l’intolérance, à la violence, à la phallocratie, à l’homophobie.
Monsieur le Maire, comme nous, vous ne pouvez pas approuver cette dérive violente d’une partie de la jeunesse Strasbourgeoise. Elles justifient, ces dérives, l’instauration d’un véritable programme de sensibilisation destiner à les enrayer.
Nous nous interrogeons également sur le financement de ces vidéos ou sur la provenance des moyens matériels nécessaires à leur réalisation.
Nous vous posons la question de l’opportunité, pour notre collectivité, d’engager systématiquement des poursuites judicaires à l’encontre des auteurs de tels clips.
Enfin, le comité de pilotage CUCS est le lieu de débat où l’on peut gérer ou apporter tous ensemble (associations, état et collectivités locales) des solutions aux crises régulières que connaissent les porteurs de projets qui font un travail remarquable dans tous les quartiers – ce comité de pilotage ne s’est pas réuni depuis les élections et personnellement je le regrette, d’autant plus que Hautepierre avait été classé zone prioritaire par l’Etat.
Je vous remercie.
Vidéo 1 : http://www.dailymotion.com/video/x70x91_neuhof-polygone-h...
Vidéo 2 : http://www.dailymotion.com/video/x65p4w_bon-son-du-67-nhf...
18:53 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne schumann, conseil municipal, strasbourg, vidéo, dailymotion, délinquents, racing
mercredi, 24 septembre 2008
Anne SCHUMANN : Le Parlement Européen

Intervention de Madame Anne SCHUMANN
Conseil Municipal du 22 septembre 2008
Parlement Européen
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Ce jour est symbolique. En effet, pour la seconde fois de son histoire, une session du parlement européen, qui aurait dû débuter ce matin à Strasbourg, se tient finalement à Bruxelles.
Nous en connaissons tous la cause : L’effondrement du plafond de l’hémicycle le 6 aout denier.
Cette difficulté matérielle a malheureusement relancé les déferlantes des anti-Strasbourg. Et pour charger encore un peu plus la barque, l’écologie a été appelée en renfort pour mettre hors jeu notre Ville.
Nous connaissons tous les fondements historiques de la construction européenne. Les choix passés ne sont pas anodins. Strasbourg a notamment été choisie pour symboliser la paix, la réconciliation et son humanisme historique. Les récents évènements en Géorgie, l’agitation qui secouent les anciens pays membres du bloc soviétique sont là pour nous rappeler que rien n’est jamais définitivement acquis, que la paix demande un engagement et une vigilance de tous les instants.
L’identité européenne s’est forgée dans un passé mouvementé dont Strasbourg a souvent été l’enjeu. Aujourd’hui notre ville est paisible et se trouve bien loin des discordes et de l’agitation qui animent, depuis quelques années maintenant, la Belgique et Bruxelles.
Par conséquent, nous demandons que les traités signés soient, plus que jamais, respectés. Nous demandons que le parlement européen siège à Strasbourg et rien qu’à Strasbourg afin de mettre un terme aux fameuses navettes qui semblent perturber un certain nombre de parlementaires européens. A cet égard, nous nous réjouissons, de la réaction des verts strasbourgeois qui se sont démarqués, certes tardivement, mais démarqués tout de même de la position des cadres de leur parti.
Monsieur le Maire, par delà les clivages politiques traditionnels, par delà les croyances philosophiques et religieuses de chacun j’aurais émis le vœu que notre conseil municipal élabore et entérine une motion qui demanderait que la totalité des travaux parlementaires se tiennent à l’avenir à Strasbourg. Puisque vous nous proposez une motion, que nous soutiendrons cela va de soi, je vous propose également de relayer ce texte au conseil de CUS et pourquoi pas dans l’ensemble des conseils municipaux qui composent notre communauté Urbaine afin de lui donner davantage de poids.
Je vous remercie
16:25 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne schumann, conseil municipal, strasbourg, parlement européen, roland ries, groupe des démocrates, progrès
Robert Grossmann : Les Conseils de Quartier

Intervention de Monsieur Robert GROSSMANN
Conseil Municipal du 22 septembre 2008
Les Conseils de Quartier
Monsieur le Maire,
Chers Collègues,
Si vous le voulez bien, on va commencer par le commencement de la démocratie locale, par sa première étape, son fondement et son lieu originel : le Conseil Municipal.
C’est bien lui qui doit adopter toutes les décisions concernant nos concitoyens après débat et donc c’est lui aussi qui doit adopter les modalités de la démocratie de proximité.
Le conseil est souverain, il pourrait donc rejeter ou au minimum modifier votre projet. Il peut aussi l’adopter après échange d’arguments.
Or vous avez déjà tout annoncé au public au mépris de l’avis du conseil.
Donc il faut bien que j’emploie ce mot fort et chargé de sens que je n’aurais pas voulu utiliser si votre démarche ne m’y avait contraint : mépris !
Vous méprisez votre conseil et ses élus.
Vous méprisez la démocratie municipale.
Autant j’aurais pu comprendre que vous communiquez sur des projets d’investissement ou de fonctionnement ordinaires de la vie municipale, autant vous pouvez être conduit à évoquer en amont des projets que vous allez soumettre au conseil, sans préjuger de son avis, autant ce projet là excluait toute annonce préalable puisque son objet devrait être justement le respect de la démocratie.
Vous voulez “rétablir” la démocratie locale et vous commencez par vous asseoir sur l’avis et le vote du conseil municipal.
Votre procédé me semble donc disqualifiant, vous êtes dans le “hors jeu démocratique”!
Au passage je veux affirmer haut et fort que les conseils de quartier de notre municipalité fonctionnaient de manière très positive, tous ses participants peuvent en attester. Un important travail a été réalisé tellement évident d’ailleurs que vous même avez tenu à rendre hommage à nos porte paroles en les invitant solennellement à dîner à l'hôtel de ville quelques jours après votre élection.
Vous n’auriez pas invité des fossoyeurs de la démocratie locale n’est ce pas?
En second lieu et dans la droite ligne de ce que je viens d’évoquer, vous donnez un signal terrible à la population : celui de la méfiance à l’égard des élus, quels que soit leur appartenance politique. Vous dites : “Ecartons les élus pour avoir un débat valable”. (DNA...) C’est donc la négation complète des élections et des électeurs fondée sur un mépris cinglant de la démocratie et ce au profit de la seule municipalité donc au profit “du pouvoir” qui se montre ainsi parfaitement autocratique.
Vous justifiez cela en proclamant que:
-"l'objectif principal est d'éviter que nos 10 COQ soient des lieux d'affrontement politique": quelle conception de la politique ! Elle serait donc perçue par votre municipalité uniquement sous l'angle de la conflictualité et non comme un processus d'échange d'idées. Monsieur le maire, je ne vous retrouve pas là!
Plus pratiquement, avec l'absence des élus, il y a une mise en scène artificielle d'une séparation stricte entre la société dite politique et la société dite civile. Si elle correspond à un idéal du XVIIIème, voire du XIXème avec, en corollaire, une stricte séparation de la sphère publique et de la sphère privée, elle n'a plus de sens dès lors que les structures "participatives" mises en place devraient avoir pour vocation de contribuer à l'élaboration des politiques publiques. Là on est dans une vision Luhmannienne des cercles autopoétiques et autoréferenciels, ce qui revient à reconnaître une véritable théorie de la non communication.
- Je poursuis l’analyse. Vous voulez, je vous cite: "donner la parole aux citoyens non organisés", c'est de fait ce à quoi servent les élections. Pour le restant, la société civile n'a de sens que si elle est organisée, d'ailleurs l'organisation mise en place en est bien une - les citoyens ne seront donc plus inorganisés, le simple fait d'y participer (faudra-t-il autodissoudre de suite pour respecter ces objectifs ?).
Contradiction intellectuelle totale fondée sur la seule démagogie.
Mais à l’exclusion de ce fort mépris des fondements même de la démocratie on pourrait à la limite accepter, en s’asseyant sur une rigueur intellectuelle minimale, vos contradictions dans la recherche et l'expérimentation de nouvelles formes de participation politique si au-delà il n'y avait pas la mise en oeuvre d'une usine à gaz coûteuse pour le contribuable.
- l'intervention d'un l'animateur extérieur : faut-il y voir une application renouvelée de la société du spectacle chère à Debord ? C'est quoi cet animateur : un sociologue ? un journaliste ? un consultant (rémunéré, donc au service de la municipalité ?). Quel sera sont statut ?
Venons en à la composition : un collège associatif et un collège socioprofessionnel. Que signifie la scission entre les deux. Les associations ressortent au monde socioprofessionnel et n'en sont pas exclues. Qu'est-ce qu'un socioprofessionnel à l'échelle d'un quartier ? Un commerçant individuel ? une entreprise ? une profession libérale ? la vie socioprofessionnelle suppose une organisation, une structuration...
- l'adjoint de quartier choisit les "incontournables" qui doivent rentrer dans un quota. Merci pour les autres.... Là aussi quelle vision de la vie des quartiers.
- 30.000 € par COQ, pour faire quoi ? 300.000 au total € ? sans doute de nombreuses associations membres de ces COQ préféreraient elles disposer de telles subventions.
Avec votre système, il y aura en permanence une interrogation sur les questions de légitimité. D'ailleurs le recours au tirage au sort ne fera que renforcer ces questions. Il n'est pas nécessaire de rappeler que le tirage au sort était une caractéristique de la démocratie athénienne. Mais on tirait au sort les élus... alors allons au bout de la logique, fini les élections, mettons en place un tirage au sort des élus municipaux..
La conception même d'un fonctionnement aussi complexe n’est pas démocratique dans sa signification même parce la plupart des gens n'en comprendront pas les ressorts.
Antidémocratique ou démagogique encore parce que la forme prime le fond. Les procédures de désignation sont longuement envisagées, mais les compétences effectives sont peu précisées.
D'une manière générale, le sujet est complexe, nous le savons bien.
Mais au lieu d'animer simplement, correctement et de manière équilibré les citoyens, organisés ou non, qui font l'effort de s'intéresser à la vie publique - il n'y en a pas tant que cela- , on témoigne ici d'une vision archaïque de ce qu'est le politique, d'une approche inaboutie de la citoyenneté et de l'intérêt public et d'une conception plus que floue de la société civile.
Monsieur le Maire je finirai par vous renouveler ma confidence: j’ai peine à trouver votre empreinte dans ce projet. Ce n’est pas vous ce mépris des élus et donc des élections. Je ne veux pas le croire connaissant votre attachement au suffrage universel. N’hésitez pas à revoir cette copie et pourquoi pas même en y associant votre minorité au sein d’un groupe de travail transparent.
Enfin pour finir, et puisqu'on est dans les archaïsmes, une citation de Périclès rapportée par Thucydide : « Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile".
16:21 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : robert grossmann, conseil municipal, strasbourg, conseils quartier, roland ries, groupe des démocrates, progrès









