mercredi, 18 février 2009

Lettre de Robert Grossmann à Roland RIES

Strasbourg, le 18 février 2009

 

Monsieur le Maire,

 

Je me suis permis de vous adresser deux courriers, l’un daté du 4 février et l’autre du 9 février pour vous faire part du caractère inadmissible des propos de M. EL HAMDANI qui, à deux reprises, a dit « il faut importer le conflit ».

 

Dans votre réponse du 5 février, vous affirmez : « Mustapha EL HAMDANI, conseiller municipal du groupe des Verts, n’a pas parlé de la nécessité d’importer le conflit israélo-palestinien en France, mais d’importer le débat lié à ce conflit. »

 

Nous ne partageons pas votre libre interprétation des propos de M. EL HAMDANI mais nous notons qu’à aucun moment ce dernier n’a tenu à retirer ses propos et, curieusement, c’est vous qui vous faites son avocat.

 

Faut-il que nous demandions la bande sonore des débats ? Faudrait-il que nous la fassions expertiser ?

 

Nous ne comprenons pas pour quelle raison vous tenez à minimiser l’extrême gravité de l’appel à « importer le conflit » alors que Mme Huguette DREIKAUS, pour des propos infiniment moins conséquents, s’était immédiatement excusée devant la bronca des troupes socialistes.

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes salutations les meilleures.

 

 

Robert Grossmann

mardi, 10 février 2009

Affaire El Hamdani : suites

Monsieur le Maire,

Les mots prononcés et répétés par le conseiller municipal El Hamdani de votre majorité municipale : « il faut importer le conflit » ne sont pas anodins, leur gravité est réelle.
Il n’est donc pas possible que vous vous en tiriez par une pirouette en n’apportant aucune réponse à notre demande de retrait de ses propos.
Quelqu’un qui demande que l’on importe « le conflit » en France ne peut plus continuer à siéger dans une assemblée républicaine. Les mots ont un sens et ils ont été prononcés en connaissance de cause. Jouer à postériori avec les sens des mots et une mystification de bas étage.
Savez vous que des citoyens strasbourgeois ont considéré ces propos comme des appels à la violence physique et qu’ils ont peur ? Le savez-vous ?

Or vous ne nous avez à ce jour apporté aucune réponse quant à votre volonté de rappeler ce conseiller à l’ordre en lui expliquant les règles de la République

Pire, dans un écho des DNA du 6 février, vous vous faisiez son avocat en expliquant, sans argument aucun, qu’il n’aurait pas pensé ce qu’il a dit, ou qui aurait voulu dire autre chose.

Nous maintenons notre demande que M. El Hamdani retire ses propos ou quitte ses fonctions d’élu de la république.

Il ne peut y avoir dans notre conseil municipal deux poids, deux mesures et chacun se souviendra que Mme Dreikaus, utilisant une ancienne expression alsacienne malencontreusement employée, a été sommée de s’excuser publiquement.
Nous ne rappellerons pas la rocambolesque affaire de la bande sonore sous la mandature précédente et le cirque que votre groupe en avait fait jusqu’à aller en justice…
Les élus PS-Vert pourraient-ils tout se permettre en toute impunité alors que le moindre propos d’un autre élu se voit immédiatement stigmatisé, dénoncé et monté en mayonnaise.

Notre demande n’est pas politicienne, elle est républicaine, elle est citoyenne !
Nous n’avons d’ailleurs pas apprécié que vous traitiez, ces derniers temps, toutes nos interventions de « politiciennes » Dès que nous vous présentons un argument, vous le traitez de politicien. Cela est très méprisant.
Nous vous demandons de témoigner un minimum de respect à votre opposition, comme vous en aviez manifesté l’intention lors de vos prises de fonction.

A votre silence complice face à la volonté d’importer le conflit de M. El Hamdani, ( DNA de ce vendredi 6 février) vous avez ajouté à notre endroit « des conseils » condescendants sur le ton du professeur paternaliste attribuant des remarques à ses élèves.

Monsieur le Maire, nous vous croyons capable de fermeté lorsque l’esprit de la République est mis à mal comme il le fut par les propos de M. El Hamdani. Nous croyons que vous avez la force de caractère nécessaire pour condamner les propos de M. El Hamdani et exiger son retour à résipiscence, même s’il fait partie de vos alliés les VERTS.

Nous vous le demandons aussi pour le maintien d’un climat serein et constructif au sein de notre assemblée ainsi que nous en avons donné l’exemple en travaillant à l’amélioration de votre motion et en la faisant adopter.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes salutations les meilleures.

Robert Grossmann

jeudi, 05 février 2009

Huguette Dreikaus s'exprime

Huguette.jpgStrasbourg, le jeudi 5 février 2009

   

Monsieur le Maire,

 

La séance de Conseil Municipal du 2 février a suscité en moi des sentiments nouveaux envers votre façon de voir les débats au sein d’un hémicycle. Certes mon amour pour la démocratie ne peut se satisfaire du muselage constant fait à votre opposition au nom d’un règlement intérieur qui émane de la plume tenue à plusieurs mains par votre aréopage, mais il y a pire.


Vous n’avez en aucune façon demandé à votre conseiller, Monsieur Mostafa El HAMDANI, de reprendre les propos graves qu’il a formulés durant le débat sur la motion à établir au sujet du conflit dans la bande de Gaza.

Je me rappelle avec tristesse d’un conseil municipal pendant lequel j’ai eu « l’outrecuidance » de parler ma langue maternelle et de dire à propos des têtes d’alsacienne ; sie hann se furtgschafft bei Nacht und Nebel (expression Monsieur le Professeur qui a toujours existé dans la langue régionale sous la forme allemande et qui signifie ni plus ni moins que « à l’insu de tout le monde, à la cloche de bois » et vous vous êtes, toutes bouches confondues, mis à vociférer comme si le responsable de la Shoah c’était moi.

Monsieur le Maire, vous m’avez ordonné de retirer ces mots… ce que j’ai fait par peur. Oui par peur de me retrouver mise en pièces par cette meute féroce dont vous étiez le centre. Je n’aurais pas dû. Je n’avais pas commis de faute. Et voilà qu’au sein d’un Conseil Municipal, sous votre Présidence, un des conseillers de votre obédience lance un appel public pour importer le conflit sur notre territoire et vous ne lui demandez pas de retirer ses propos, ces propos-là, qui laisseraient présager des manifestations de haine en notre ville, sont à peine relevés. Votre assemblée ne montre aucune émotion.  Qui ne dit mot consent «  Monsieur le Maire consent à voir encore plus de signes extérieurs d’antisémitisme et d’islamophobie »

 

Monsieur le Maire, vous avez donc permis la réinstallation du Conseil Consultatif des Etrangers. Je me suis abstenue. J’ai ensuite été interpellée au sujet de mon abstention lors du vote concernant le conseil consultatif des étrangers et j’ai alors eu la certitude que j’avais déjà : ces personnes qui se déchaînent pour que ce conseil existe sont de nationalité française, par conséquent, ils ont le droit de vote d’emblée.

Monsieur le Maire à qui donnez-vous la parole dans cette instance ??? Aux étrangers véritablement en proie à des difficultés pour avoir des papiers ou un emploi afin d’être intégrés dans notre ville ??? La parité hommes/femmes sera-t-elle respectée dans ce conseil??

Monsieur le Maire, par ma vie personnelle je sais que bien des étrangers préfèrent se confier dans le cadre des associations plus proches et où s'exprimer est plus aisé. Les associations sont d'excellents porte-paroles en direction des instances de l’exécutif.

 

Monsieur le Maire, vous êtes à la tête de l’exécutif, nous attendons de vous de tout mettre en œuvre pour  la sérénité de la cité.

 

Je vous prie d’agréer, monsieur le Maire, mes salutations les plus respectueuses.

 

Huguette Dreikaus

Conseillère Municipale

Il s’est passé un événement d’une gravité que nous jugeons extrême...

image tribune.jpgMonsieur le maire,

Au conseil municipal du lundi 2 février, il s’est passé un événement d’une gravité que nous jugeons extrême.
Un conseiller municipal de votre majorité PS-Verts, monsieur Mostafa El Hamdani, a affirmé que, de son point de vue, il fallait « importer le conflit » entre Israël et le Hamas, l’importer en France et à Strasbourg par conséquent. Il l’a dit et répété.
Au moment où il prononça cette affirmation des hurlements d’encouragement lui ont été lancés depuis la tribune par quelques spectateurs.
Une telle affirmation d’importer une guerre du proche orient en France est rigoureusement contraire aux principes de notre République et de plus elle constitue une atteinte au lien citoyen qui unit tous les français.
L’horreur à Gaza peut susciter des sentiments et des réflexions puissants dans les cœurs et les esprits de chacun, la compassion et la révolte peuvent être réelles mais elles ne doivent en aucun cas conduire à des agissements contraires à l’esprit de la république dans laquelle nous vivons tous ensemble.
Dans le contexte strasbourgeois actuel qui a généré
• des vidéos constituant de véritables appels à la haine contre tout ce que représente notre société,
• des cortèges au cours desquels des menaces ont été proférées
• des hurlements et vociférations quotidiens place Kléber
• des agressions contre des lieux de culte,
• des vandalisassions de magasins à la suite de manifestations extrémistes,
• des menaces contre certains de nos concitoyens et notamment des élèves de nos établissements
nous considérons qu’une déclaration évoquant la nécessité (il faut…) d’importer le conflit, encourage les affrontements sur notre territoire et dans notre ville, qu’ils soient verbaux ou, pire, qu’ils soient, demain, physiques.
Ce n’est rien moins qu’un encouragement à s’entredéchirer en France !
Vous avez réagi avec une grande placidité en déclarant simplement que vous n’étiez pas d’accord avec l’auteur de ces propos mais vous ne les avez pas condamnés. De même vous avez laissé des fanatiques hurler dans les tribunes du conseil municipal sans les faire expulser.
Ces mêmes individus s’en sont pris dans les couloirs à plusieurs collègues de notre groupe, les intimidant et les bousculant.
Nous sommes consternés par votre passivité devant ces agissements qui peuvent dégénérer puisqu’ils ne sont pas condamnés.
Si Monsieur El Hamdani ne retirait pas publiquement ses propos sur cet appel à l’importation du conflit, il ne serait plus légitime dans ses fonctions de conseiller municipal.
Nous demanderions alors clairement que M. Mostafa Hamdani donne sa démission et quitte l’enceinte républicaine qu’est le conseil municipal de Strasbourg.

Nous vous prions de croire monsieur le maire en nos salutations respectueuses

Robert Grossmann – Frédérique LOUTREL – Anne SCHUMANN
Jean Emmanuel ROBERT – Martine CALDEROLI – Huguette DREIKAUS