lundi, 16 février 2009
Strasbourg, c'est la victoire de la réconciliation sur la confrontation !
En prévision du sommet de l'OTAN à Strasbourg/Kehl les 3 et 4 avril, il serait dommage que les Strasbourgeois se concentrent sur des embarras de circulation alors qu'ils seront les témoins d'une célébration historique probablement reprise dans le monde entier.
« En 2008, nous nous sommes félicités du choix de Strasbourg/Kehl pour le 60e anniversaire de l'OTAN. Aujourd'hui, hélas, la communication autour de cet événement historique donne au symbole de l'Eurodistrict l'image d'un camp retranché.
Il est indispensable que des mesures de sécurité exceptionnelles soient prises, mais souvenons-nous du passage à Strasbourg du président Reagan dans les années 80 et du bouclage de la Petite-France pour le repas de l'épouse du président dans une winstub !
Soixante ans de paix
Rappelons plutôt les raisons de ce sommet de l'OTAN qui nous honore. Strasbourg et la région du Rhin supérieur sont un modèle de la réconciliation européenne. Strasbourg est la capitale de la Grande Europe, celle du Conseil de l'Europe (47 Etats membres), qui fêtera aussi ses 60 ans le 5 mai. La création de ces deux organisations internationales en 1949 répondait au souci de défendre et consolider la liberté et la démocratie par la dissuasion militaire avec l'OTAN, et les moyens civils et l'Etat de droit avec le Conseil de l'Europe.
Si nous rendions justice à l'histoire ? Ces deux alliances ont parfaitement fonctionné : 60 ans de paix, liberté et pluralisme démocratique sur la presque totalité du territoire européen. C'est parce que toutes les organisations internationales concernées ont affiché leur volonté et leur mission commune de garantir la stabilité dans la Nouvelle Europe qu'elles ont ouvert leur porte aux ex-pays du « bloc communiste ». Le Conseil de l'Europe a tracé la route et l'OTAN compte aujourd'hui 26 membres, dont 10 de l'ancienne Europe orientale et centrale.
L'antagonisme des blocs a disparu
Si le président Sarkozy base un bataillon allemand de la brigade franco-allemande en France, c'est bien dans le cadre du renforcement d'une défense européenne complémentaire de l'OTAN. En tant que centriste et Européenne engagée, je peux parfaitement suivre cette logique. La France est à l'origine de la création de l'Eurocorps, elle est un pilier de la Force européenne de réaction rapide de l'UE qui contribue au maintien de la paix et à l'aide humanitaire et civile. Dans les Balkans et en Afghanistan, l'engagement européen se fait en complémentarité de l'OTAN.
Nous ne sommes plus en 1966, en pleine guerre froide et au « non » du général de Gaulle. L'antagonisme des blocs a disparu. Dès 1991, l'OTAN a reconnu à l'Europe le droit de décider d'une politique de sécurité et de défense commune. Le retour de la France, qui n'a jamais quitté l'Alliance mais seulement le commandement militaire, ne fait que confirmer une situation de fait. François Bayrou a tort d'invoquer une défaite pour l'Europe, il s'agit au contraire d'un acte de soutien et de confiance dans une « force Europe indépendante » partenaire reconnue au sein d'une nouvelle alliance.
Le 60e anniversaire de l'OTAN et du Conseil de l'Europe donne à Strasbourg l'occasion unique de rappeler le chemin parcouru. Une nouvelle fois Strasbourg y donnera toute sa portée symbolique. La photo de famille des participants au sommet sur la passerelle des Deux Rives donnera au monde entier l'image de la victoire de la réconciliation sur la confrontation. Soyez fiers d'accueillir le sommet et l'ampleur de l'événement l'emportera sur les désagréments de ces deux jours ! »
Anne SCHUMANN
17:11 Publié dans Lettre ouverte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne schumann, otan, strasbourg, sommet, nouveau centre










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