lundi, 24 novembre 2008
Anne SCHUMANN : Orientations Budgétaires
Intervention de Madame Anne SCHUMANN
Conseil de CUS du 21 novembre 2008
Point 1 – Orientations Budgétaires
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Les orientations budgétaires d’une collectivité territoriale de l’envergure la CUS doivent traduire la prise en compte effective d’objectifs d’intérêts communs. Elles sont donc un instrument technique au service d’une vision politique de gestion de notre collectivité.
Au-delà de l’alignement des chiffres auquel nous venons d’assister, vos premières orientations budgétaires, puis l’examen du budget le mois prochain, inscrivent dans les faits la collectivité que vous envisagez demain.
Nous sommes donc appelés à nous prononcer sur la politique fiscale, sur la politique d’investissement ainsi que sur la politique de dépenses de fonctionnement exposées à travers deux scénaris.
Cette multiplication des chiffres est malheureusement vide de sens puisque nous ne sommes toujours pas en mesure de connaitre vos intentions pour les 5 années à venir.
Quels seront vos projets ? Quelle est votre vision de ce que doit être la Communauté Urbaine de Strasbourg pour les 6 prochaines années.
Lors du précédent conseil, Robert GROSSMANN évoquait les réflexions menées actuellement par le comité Balladur autour des Départements et des Régions. Les Communautés Urbaines sont malheureusement absentes de ce débat et votre attitude laisse à penser que votre priorité s’oriente en réalité vers une autre collectivité dont le siège jouxte l’actuel Parc des expos.
Pour cacher votre absence de vision, vous menez une campagne électorale permanente en vous cachant continuellement derrière je cite « le lourd héritage du passé ». Quand ce n’est pas la gestion de vos prédécesseurs qui est mise en cause, c’est celle du Département, de la Région et l’Etat, qui sont forcément responsables de la faiblesse des investissements envisagés.
On martèle en continue que la Communauté Urbaine est gravement endettée, que cet endettement s’est sévèrement aggravé ces dernières années, la faute à des investissements trop importants.
En consultant le document intitulé « statistiques financières 2008 » nous découvrons que notre collectivité, gravement endettée à vous entendre, est la septième Communauté Urbaine de France la moins endettée avec 324 euros par habitant, 2 fois moins que l’endettement moyen des CU de France qui est de 750,82 euros par habitant. A titre d’exemple, l’endettement du Grand Lyon est 3 fois plus important avec 1 000 euros par habitant, la dette de la CU de Nantes est 4 fois plus importante avec 1389 euros/habitant, Lille Métropole de Martine Aubry, la préférée de Roland Ries, est 5 fois plus endettées que la CUS avec 1500 euros par habitant.
En termes d’endettement, une certaine honnêteté intellectuelle serait de reconnaitre que la situation financière de la CUS n’est pas si catastrophique que ce qu’on veut bien nous dire.
Ce même document nous apprend aussi que la dette qui repose sur les strasbourgeois est de 782 euros, faisant de la Ville de Strasbourg et de la CUS la 3ème collectivité de France la moins endettée loin, très loin devant Lyon, Lille, Nantes ou Marseille.
L’audit que vous avez commandé auprès d’ERNST et YOUNG relève quant à lui que, je cite, « les soldes intermédiaires de gestion sont restés performants notamment la capacité de désendettement ». En effet, au 31 décembre 2007 nous étions à 1,6 année soit trois fois moins que la moyenne nationale qui est de 4,7.
Voilà donc Strasbourg et sa CUS, troisième groupement de France le moins endetté avec une capacité de désendettement plus qu’honorable malgré les nombreux investissements menés par vos prédécesseurs. Ces investissements étaient pourtant nécessaires. Le tram, naturellement, le Zénith, qui accueille régulièrement des milliers de spectateurs,
- la Gare TGV que les milieux économiques tout comme le président de l’office de tourisme reconnaissent comme bénéfique à Strasbourg et sa CU
- La grande Bibliothèque André Malraux qui ne désemplie pas depuis son ouverture,
- la patinoire qui connait régulièrement des files d’attente interminables,
- les nombreuses bibliothèques communautaires dont, si je ne me trompe pas, Illkirch et Lingolsheim ont aussi bénéficié, tant pis peut-être pour schitigheim si vous stoppez le projet
- l’extension de la vidéosurveillance,
- les archives communautaires, dont le taux de fréquentation est en hausse de 40 % depuis leur déménagement
- le Rhénus sport qui a vu la SIG devenir championne de France, qui a accueilli la coupe Davis ou l’euro tournoi et dans lequel l’équipe de France de Basket vient régulièrement s’y préparer parce qu’elle s’y sent bien. Son taux de fréquentation serait de 70 % encore d’après Ernst et Young
- les nombreuses opérations de voiries menées sur l’ensemble du territoire de la CUS et qui représentent près d’un tiers de nos investissements sur 7 années. Au hasard, la route de Bischwiller à Schiltigheim ou la route de Lyon d’Illkirch étaient-elles un projet pharaonique ?
Ernst et Youg, encore lui, note qu’en 2001 la CUS n’investissait pas puisque nous étions à 296 euros d’investissement par habitant, soit 37% de moins que la moyenne nationale… mais conclut que l’augmentation sensible a permis à la CUS de se rapprocher de la moyenne. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les études que vous nous avez transmises.
Troisième groupement le moins endetté de France et dans la moyenne nationale pour les investissements voilà qui fait de la CUS, une maison bien gérée !
Vous allez certainement nous reprocher, comme vos collègues strasbourgeois l’ont déjà fait lundi, d’avoir travaillé jusqu’au bout de notre mandat au lieu de nous consacrer aux basses besognes politiques.
Vous allez évoquer les nombreux « coups-partis », comme nous avons pu l’entendre. Ils limiteraient vos marges de manœuvre. Le cabinet Ernst et Young vient tordre le coup à ce plaidoyer puisqu’il indique l’existence d’une marge de 372 millions d’euros sur le seul échantillon retenu dans les Autorisations de Programme, soit 64 % du montant des restes à réaliser. Des marges importantes existent donc.
Enfin en ce qui concerne la dette, il a été dit pendant quelque temps que la crise financière couterait 250 000 euros puis cette somme a été revue à la baisse aux alentours de 100 000 euros (soit moins le cout total de cet audit pour la CUS et la Ville de Strasbourg).
Face au nombreux propos alarmistes que nous avons pu entendre, je tenais à rappeler que le partage entre taux fixes et taux variables de nos emprunts a démontré que la partie taux fixe négociée à 3.8 % était une bonne affaire pour la CUS puisque avec une inflation ces dernières années de 3 %, on ne payait que 0.8 % d’intérêt. Avec une inflation revue depuis quelque temps à 2 %, nous payerons donc 1.8 % ce qui est toujours plus que raisonnable. A noter pour les taux variables que la BCE devrait prochainement baisser son taux directeur qui pourrait descendre sous la barre des 2 % contre 3.25 % actuellement. Cette décision aura inévitablement des conséquences bénéfiques. Je m’interroge d’ailleurs sur l’opportunité de renégocier nos emprunts avec DEXIA à un taux supérieur par rapport à ce que le marché propose encore aujourd’hui à taux variables. Est-ce vraiment judicieux ?
La crise financière aura indéniablement un impact pour notre collectivité car nous ne sommes pas protégés par une bulle ou je ne sais quelle barrière invisible. J’ai toutefois l’impression que vous noircissez volontairement le tableau afin de pouvoir revendiquer demain de bons résultats grâce à votre remarquable gestion ».
Les orientations budgétaires nous proposent une stabilisation des dépenses de personnel de 3 % par an. Cela va dans le bon sens même si en volume, cela représente une croissance de l’ordre de 65.16 millions d’euros.
Pour répondre aux uns et aux autres qui ne manqueront pas de s’en prendre encore au fonctionnement de la médiathèque André Malraux je confirme que sur les sept dernières années nous avons effectivement créé 500 emplois. Il y a quelque temps, il nous était reproché de « purger l’administration et de ne pas donner des moyens supplémentaires aux services ». A présent, pour des questions de politiques politiciennes, on nous reproche d’avoir embauché en omettant de préciser d’ailleurs que près de 30 postes ont été remboursés intégralement par le Conseil Général, que l’effet des 35 heures en 2000 aurait dû être compensé par une augmentation de 6 % des effectifs soit 490 postes, que l’essentiel de ces postes créé sont dans le domaine du service aux habitants : bibliothèques, prévention, social et sécurité. J’en arrive presque à croire que les chantres de la défense du service public regrettent aujourd’hui ces créations… sauf bien sûr les 8 postes de secrétaires supplémentaires indispensables aux adjoints strasbourgeois.
Voilà ce que je tenais à dire sur l’héritage qui vous empêcherez d’agir. Parlons maintenant du futur puisque les marges existent. Quels sont vos projets pour la CUS ? Notre collectivité participera-t-elle à la réalisation d’un nouveau stade pour le Racing ? Hormis celle devant desservir le Zénith, de nouvelles extensions des lignes tramway verront-elles le jour ? Songez-vous toujours à encourager l’implantation de compagnies low cost pour redynamiser l’aéroport d’Entzheim ? Pour l’instant, nous ne connaissons rien de vos intentions si ce n’est celle de ne pas augmenter les taux d’imposition et à notre avis, vous pourrez même les baisser puisqu’il n’y a rien à financer.
Alors permettez-moi de vous faire quelques suggestions puisque vous semblez avoir besoin d’idées pour l’avenir.
Je vous encourage à poursuivre les extensions du Tramway. Vous nous avez entendu pour le prolongement de ligne A vers Eckbolsheim mais quid de Koenigshoffen ? Même si cela conduit à l’augmentation de la contribution consacrée au financement de la CTS, ces extensions sont le meilleur moyen de réduire les émissions de Carbonne de la part transport. Elles nous permettront de rentrer dans les clous du Grenelle de l’Environnement. A ce titre, pour encourager les déplacements en transport public, vous n’auriez jamais dû augmenter les tarifs CTS le premier septembre dernier. Cette mesure est contreproductive et je le regrette vivement.
Je vous encourage
à étudier sérieusement la construction d’un nouveau centre nautique qui s’avère de plus en plus nécessaire. Un PPP me semble être une bonne solution pour un tel projet
à construire le nouveau parc des expositions sur le site d’Eckbolsheim comme cela était prévu mais que vous avez pour l’instant préféré stopper. Un parking de 3 000 places existe déjà, prêt à accueillir les visiteurs du parc. Je note que le prolongement de la ligne tramway va dans le bon sens peut-être serons-nous aussi entendus pour le Parc des expos
à dépolluer dans son intégralité le terrain de l’ancienne cokerie gazière de Strasbourg pour ne pas laisser aux générations futures la responsabilité de dépolluer et permettre ainsi la construction de l’Eco-Quartier.
à poursuivre le développement des nouvelles pistes cyclables sur le territoire de la CUS ?
En dehors des projets, il y a aussi une véritable politique économique à poursuivre pour encourager davantage les entreprises à s’implanter sur le territoire de la CUS sans oublier de prolonger les efforts déjà engagés dans la prévention, le social et la sécurité.
A Strasbourg, pour dégager une nouvelle manne financière certains évoquent l’idée de construire un casino. Pourquoi pas, mais quelle est votre position ? Cela mérite d’être débattu. Idem pour ce vieux serpent de mer que constitue le péage Urbain cher au Maire de Strasbourg.
Les chantiers à mener ne manquent pas mais encore faudrait-il avoir une vision globale ainsi qu’une véritable ambition pour notre Communauté Urbaine.
Ce débat d’orientation budgétaire n’en dégage aucune. Il ne constitue qu’une accumulation d’indicateurs techniques que vous essayez de faire parler pour conditionner la population et les élus à un immobilisme patent dissimulé derrière le strapontin qu’est votre annonce de ne pas augmenter les impôts et de prolonger le tramway de 3.1 km. Face à l’absence d’ambitions pour la CUS, les contribuables auraient mérité une baisse de la fiscalité
Le prochain débat budgétaire me fera peut-être mentir, du moins je l’espère.
11:24 Publié dans Nos interventions au conseil de CUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne schumann, conseil municipal, strasbourg, orientations budgétaires, roland ries, groupe des démocrates, progrès










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