jeudi, 20 novembre 2008
Anne SCHUMANN : Orientations Budgétaires

Intervention de Madame Anne Schumann
Conseil Municipal du 17 novembre 2008
Point 1 – Orientations Budgétaires
Monsieur le Maire,
Cher(e)s collègues,
En liminaire permettez-moi tout d’abord de regretter la pauvreté des documents que vous nous avez transmis. 6 pages et 3 tableaux pour des orientations budgétaires qui portent sur 6 années. Avouez que c’est un peu court d’autant plus que ce document n’est qu’une série de lamentations sur la situation dont vous auriez hérité (x fois référence à la dégradation) ce que contredit formellement l’annexe « étude comparative des grandes villes de France » qui aurait mérité d’être complétée par un classement de ces villes où l’on aurait vu que Strasbourg est de loin une ville dont la situation financière est plus que saine malgré la crise actuelle.
Depuis votre élection, Monsieur le Maire, les membres de votre majorité et vous-même n’avez cessé d’expliquer aux Strasbourgeois que, faute d’un budget 2008 qui n’était pas le vôtre, vous ne pouviez rien faire. Voici donc venu le temps, aujourd’hui, de débattre des premières orientations budgétaires de votre mandature avant le vote de votre budget le mois prochain.
Ce premier débat devrait constituer, à notre sens, la présentation de vos projets, de vos ambitions, de votre stratégie pour la Ville. Or, au jour d’aujourd’hui, vous nous demandez de nous prononcer sur la stratégie fiscale, sur des investissements, sur le fonctionnement de notre collectivité sans pour autant nous communiquer vos projets.
A travers les 6 pages qui nous ont été transmises nous assistons à une sorte de conditionnement psychologique des élus mais aussi de la population autour d’une pensée unique. Elle se résume à « ce que nous vous proposons est parfait et d’ailleurs on ne peut pas faire autrement car, comme vous le constatez, au vu de la projection pluriannuelle que nous vous soumettons nous n’avons pas d’autres possibilités compte tenu des contraintes extérieures qui s’imposent à nous. »
Le conditionnement est soigneusement organisé. On martèle en continue des excuses : l’héritage du passé (dire que votre équipe annonçait lors de sa prise de fonction ne pas vouloir se tourner vers le passé… ), les dotations de l’Etat, la fiscalité de la Région et du Département. Bref, nous sommes invités à comprendre que « ce n’est pas de notre faute mais celle des autres ».
Vous dénoncez le fort niveau d’investissement de ces dernières années qui auraient détérioré la situation financière de notre ville. Cette analyse comptable de la situation de la ville est regrettable. Ces investissements ou devrais-je plutôt dire la patinoire de Cronenbourg, la médiathèque Malraux, la réalisation du Rhénus Sport, les extensions du Tramway, le Zénith, les rénovations et mises en sécurité des écoles, des gymnases, des stades et tous les autres projets de quartiers ont profité à tous les Strasbourgeois. Oui, les investissements ont été forts mais ils étaient justifiés après 12 années d’immobilisme (mis à part le tram !) Ils ont aussi contribué à soutenir les entreprises et à stabiliser le marché de l’emploi malgré les retards dans les projets dus à vos multiples recours (il faudrait rendre public ce qu’a couté aux contribuables l’arrêt du Tram et du pont Churchill que plus personne ne remet en question aujourd’hui). De ce point de vue économique, nos objectifs ont également été atteints. Mieux encore, les statistiques 2008 révèlent que la Ville de Strasbourg est la 6ème ville de France la moins endettée avec 458 euros d’endettement par habitant loin devant Paris et ses 864 euros, Rennes et ses 783 euros, Lille et ses 649 euros, Lyon et ses 930 euros ou Nantes et ses 1178 euros par habitant presque 3 fois Strasbourg . Qu’est-ce que cela aurait donné si nous n’avions pas autant investi ?
Vous évoquez aussi les emprunts contractés dont l’évolution actuelle des taux couterait 250 000 euros à notre collectivité. Vous oubliez de préciser au passage, que ces taux flottants ont, ces dernières années, été positivement favorables en permettant à notre collectivité de voir le volume de ses emprunts diminuer ce que l’administration nous a confirmé en Commission Plénière. Est-il possible de connaitre la balance de ces gains et de cette perte ? Ces taux parlons-en. Après une augmentation importante suscitée par la crise financière, la Banque Centrale Européenne table sur une baisse de son taux directeur qui pourrait descendre sous les 2 %. Cette orientation impactera directement le taux de remboursement de nos emprunts. Nous sommes en l’espèce bien loin du pessimisme ou plutôt du conditionnement voulu par votre adjoint aux finances. De plus, et nous le verrons aussi en conseil de CUS, les emprunts que vous renégociez actuellement à taux fixes avec DEXIA le sont à un taux supérieur à ce que le marché propose encore aujourd’hui à taux variables.
Voilà pour le cadre. A présent, pour débattre des orientations budgétaires, il nous faudrait connaitre vos projets. Un bon marin parlerait plutôt de cap mais visiblement il a trop de capitaines qui annoncent des tas de choses tout azimut alors que pour l’instant nous ne voyons rien venir de concret.
Quid du palais des fêtes, de l’avenue de Vosges, des extensions tramway, du parc des expositions, des investissements en faveur des écoles et des gymnases ou de votre politique culturelle ?
Prévoir une ligne budgétaire de 76 millions d’euros d’investissements ou de 45 millions ne change pas grand-chose lorsque personne n’est en mesure de savoir à quoi correspondent ces investissements.
A en juger par ce que nous connaissons de votre programme pour les 6 prochaines années, je crois que la somme de 45 millions est encore trop importante. D’ailleurs, ce n’est même pas une stabilité de la fiscalité qu’il faudrait envisager mais bien une baisse car actuellement, votre politique se résume :
- à gommer et à critiquer les héritages du passé qui permettent pourtant des inaugurations multiples par vos adjoints se revendiquant des réalisations les qualifiant souvent de réussites (ce que vous appelez être sur le terrain et proche des gens)… ou alors à exiler de pauvres alsaciennes à Schweighouse parce qu’elles incarnaient le mauvais gout de notre équipe ?
- à une politique des coups d’arrêts des projets comme cela est le cas pour l’aménagement des terrains Starlettes ou la réalisation du parc des expositions à ce propos je vous invite à regarder la pauvreté des annonces légales ce qui fait d’ailleurs le désespoir des artisans et des entreprises de travaux publics et du bâtiment.
- à une politique des projets étriqués comme cette annonce de supprimer les feux rouges pour les 6 carrefours que comporte l’ellipse insulaire le long des lignes tramway,
- à une politique de l’effet d’annonce comme nous l’avons connu cet été avec l’annonce d’un fantastique spectacle sur les ponts couverts qui n’a finalement jamais vu le jour ou comme l’implantation d’une grande roue, parc de l’Etoile, qui ne se fera jamais. J’oubliais presque l’annonce de la construction d’un éco-quartier sur un terrain fortement contraint et toujours pollué. A ce sujet, Monsieur le Maire, notre groupe défend l’application du principe de précaution dans ce dossier. Si un éco quartier doit voir le jour sur ce cite, le terrain devra préalablement être dépollué. Peu importe le coût, la santé de ces futurs résidents ne doit pas avoir de prix !
Comparés à cette situation, les 150 000 euros de frais de communication autour des conseils de quartier ou les 45 000 euros pour diffuser un clip dans un grand cinéma Strasbourgeois paraissent bien dérisoire et pas forcément nécessaires.
Côté recettes, nous avons bien noté votre volonté de stabilité fiscale mais d’autres ressources sont possibles d’après votre équipe. Certains élus de votre majorité ont suggéré des extensions du stationnement payant voire une augmentation du tarif résidents ou l’instauration de péages Urbains. C’est une idée qui vous fut chère, Monsieur le Maire, est-elle encore d’actualité ?
L’un de vos adjoints très actif n’a pas manqué à plusieurs reprises de souhaiter l’installation d’un casino à Strasbourg. Y verriez vous aussi, Monsieur le Maire, l’occasion d’un jackpot pour les finances Strasbourgeoises ?
Ne connaissant pas vos projets pour l’avenir, nous ne sommes pas en mesure de juger efficacement les orientations qui nous sont présentées. Nous sommes naturellement favorables à la stabilité fiscale. Nous sommes aussi favorables à la poursuite des investissements dans notre ville seuls capables de soutenir le marché du BTP sévèrement touché par la crise. Nous sommes enfin favorables à la stabilité des dépenses de personnel qui vont tout de même augmenter ces 6 prochaines années de 42.09 millions d’euros.
Aujourd’hui entre vos propos alarmistes et un développement raisonnable nous savons qu’il y a de la marge mais vous comprendrez qu’il vous appartient de proposer ces choix fiscaux en fonction de vos projets et ce sera le débat du mois prochain puisqu’il n’y a aujourd’hui aucun vote.
11:19 Publié dans Nos interventions en conseil municipal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne schumann, conseil municipal, strasbourg, orientations budgétaires, roland ries, groupe des démocrates, progrès










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