dimanche, 29 juin 2008
Intervention relative à l'Audit

Anne SCHUMANN
Conseil de CUS du 27 juin 2008
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Je voudrais tout d’abord souligner que contrairement à ce que vous aviez répondu à notre collègue Marc Merger en plénière – je cite – « ce point ne sera pas à l’ordre du jour » vous nous présentez aujourd’hui cet audit à 55.000 euros que Monsieur Fontanel vient de nous dévoiler de manière succincte et à charge alors que nous aurons à approuver cette dépense, à nos yeux inutiles, dans quelques minutes. Comme nous l’avons déjà dit au maire de Strasbourg, les comptes de la CUS auraient parfaitement pu être étudiés en interne et c’est accorder peu de confiance aux services financiers de notre collectivité que de faire appel à une société franco-américaine issue, si j’ose dire, du grand capitalisme. On peut remarquer tout de suite quelle orientation vous avez voulu donner pour prouver que vous n’aviez plus de marge de manœuvre et faire comprendre à la population qu’il faudrait inévitablement augmenter les impôts ou bien pratiquer l’immobilisme durant 6 années.
Quand je dis orientation, je présume car en fait nul ne connaît le cahier des charges exact, nous ne connaissons que les thèmes (page 2) notamment les 2, 3 et 4 qui montrent clairement vos intentions…… Je voudrais dès le début de cette intervention vous dire que cet audit a été bâclé et n’est souvent qu’un copier-coller de ce qui a été fait pour la ville – en effet, à de multiples reprises, sans parler des erreurs de tableaux, de dates, le cabinet confond Ville et CUS, parlant toujours de municipalité au singulier et de changement de municipalité au lieu d’exécutif communautaire, voilà qui devrait ravir les maires des 27 autres communes !!!!
Dès la première page, il est dit que la thématique « Ressources humaines » est traitée dans le rapport ville….. Ne les a-t-on pas prévenus que c’est une compétence communautaire et que c’est ici que sont entérinées les créations de poste – 500 emplois créés alors qu’on nous reprochait inlassablement de « purger » la CUS et de ne pas donner des moyens supplémentaires aux services…. En omettant de préciser d’ailleurs que près de 30 postes ont été remboursés intégralement par le Conseil Général, que l’effet des 35 heures en 2000 aurait dû être compensé par 6% de l’effectif soit 490 postes, que l’essentiel de ces postes créés sont dans le domaine du service aux habitants : bibliothèques, prévention, social et sécurité. Est-ce à dire que vous regrettez ces créations ??? En tout cas, il me semble que si le cabinet ne jugeait pas nécessaire de faire ces commentaires sur l’audit de la CUS, il pouvait aussi se passer des conseils de fin de document en suggérant d’externaliser un certain nombre de services Reprographie, Parc des véhicules, Nettoyage des locaux. Il me semble qu’on est très loin de la défense du service public si cher à vos amis politiques.
J’en reviens à l’audit où je ne sais combien de fois le terme « dégradation » est employé, mais dès le début de ce rapport les louanges sont tout de même de mise – en page 4, ce terme négatif est immédiatement nuancé par « les soldes intermédiaires de gestion sont restés performants notamment la capacité de désendettement » En effet, 1,6 année au 31 décembre 2007 alors que la moyenne nationale est de 4,7 est un résultat excellent puisque près de trois fois inférieur à la moyenne nationale. Quant à ce qui concerne la forte croissance de la dette multipliée par 5, c’est assez logique puisque nous partions de rien, ce rien qui devient forcément quelque chose dans le résultat.
J’en arrive à la mauvaise fois. En effet intégrer la dette de la CTS (donc du tram) dans l’endettement présumé de la CUS est quasiment limite car jamais ces comptes de la CTS n’ont été intégrés dans l’évaluation de la situation financière de notre collectivité.
De même, il est difficile d’admettre (p.5) que si les indicateurs financiers étaient bons fin 2007 (ça doit gêner quelque part), il soit nécessaire de retraiter les comptes administratifs pour mettre en évidence une dégradation qu’on veut prouver à tout prix : un seul exemple les produits de cession des immobilisations auraient exceptionnellement caché une dégradation mais il faut mettre cela en parallèle avec les 66.5 millions investis, autrement dit les cessions sont inférieures aux richesses engendrées (à ce propos d’ailleurs d’où viennent ces 56 millions de rentrées exceptionnelles ????) – enfin puisque comparaison est faite avec les autres CU de même importance, il aurait fallu retraiter tous les comptes administratifs des autres CU pour avoir une vision juste et comparable.
Tout ceci n’empêche pas ce cabinet d’être –involontairement peut-être ? – plus que positif en ce qui concerne les investissements – en confondant une nouvelle fois ville et CUS et en se trompant sur le tableau p.19 entre passerelle et Rhénus, le cabinet note qu’en 2001 la CUS n’investissait pas puisque nous étions à 296 euros par habitant, soit 37% de moins que la moyenne nationale…mais conclut que l’augmentation sensible a permis à la CUS de se rapprocher de la moyenne, autrement dit ce sont presque des félicitations pour l’exécutif de RG et FK. C’est une satisfaction de plus car nous étions déjà convaincus que les investissements réalisés pour emmener enfin notre CUS à son rang de capitale européenne étaient nécessaires et que pour rattraper le retard il fallait des équipements dignes de ce rang et lorsque je lis ou que j’entends parler de béton, j’ai maintenant un document qui démontre que les taux de remplissage de nos équipements dépassent nos prévisions les plus optimistes. Vide la place de la Gare ? Vide la l Place Kléber ? Vide le Zénith ? Vide le Rhénus ? Vide la patinoire ? Vide la médiathèque d’Illkirk ? Vous avez fustigé le béton et c’est bien de l’humain dont il est question.
Je voudrais revenir encore quelques minutes sur la fin de ce document qui devrait vous rassurer – le maire de Strasbourg entendait démontrer que les projets sont partis et qu’il n’a plus de marge de manœuvre – ce rapport-ci vous indique que la collectivité dispose d’une marge de 372 millions sur le seul échantillon retenu dans les Autorisations de Programme, soit 64% du montant des restes à réaliser – enfin en ce qui concerne la dette, le partage entre taux fixe et taux variable prouve que la partie taux fixe négociée à 3.8% est une bonne affaire pour la CUS puisque avec une inflation à 3%, on ne paie que 0.8% d’intérêt, c’est-à-dire quasiment rien.
Monsieur le Président, une question m’inquiète : cet audit a été réalisé en 18 jours, certains services ont été auditionnés et pas d’autres, des réserves ont souvent été émises sur les informations obtenues, nous ne savons pas ce qui a été réellement commandé à ce cabinet et l’annexe 1 du document comporte une clause sur laquelle nous devrions avoir des réponses claires – je cite – « ce document réservé à votre seul usage interne tant dans sa forme que son contenu est confidentiel. Il ne peut être divulgué à des tiers qu’avec notre accord etc… ce rapport est émis en application du contrat convenu entre nous » . Je ne comprends pas cette clause car soit ce rapport est commandé par la CUS (je rappelle que la dépense de 55.000 euros est soumise à notre approbation dans le point suivant) et c’est un document public donc la clause de confidentialité ne tient pas soit nous ne sommes pas en possession du document intégral mais d’une version édulcorée –pour ne pas dire retravaillée mais assurément mal relue - qui ne contient pas d’information confidentielles ?
Je vous remercie, non seulement de m’avoir écoutée, mais aussi d’apporter des réponses à ce dernier point.
13:12 Publié dans Nos interventions au conseil de CUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : groupe des démocrates pour le progrès, gdp, conseil cus, audit, ries, bigot, anne schumann










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